Posts Tagged “sida”

Photo de Michel Sidibé

Le Malien Michel Sidibé (photo) est le nouveau directeur exécutif de l'Onusida, où il succède à Peter Piot. © Onusida.

(Blogmensgo, 1er décembre 2008) Vingt ans après, la Journée mondiale de lutte contre le sida livre un bilan mitigé de la lutte contre la pandémie. Si d’incontestables progrès ont été enregistrés, il manque toujours un vaccin préventif, les traitements curatifs demeurent onéreux et lourds, l’accès aux soins n’a rien d’universel, la prévention et la prophylaxie laissent beaucoup à désirer.

La fiche d’informations spéciale 1er décembre 2008 (en PDF) de World Aids Campaign répertorie un certain nombre d’éléments qui posent encore problème. On y apprend ainsi que, dans le tiers monde (pays les moins avancés et pays à revenu intermédiaire), seules 31 % des personnes infectées reçoivent le traitement dont elles ont besoin ; que des discriminations à l’encontre des séropositifs perdurent dans un tiers des pays du globe ; ou encore que la législation de certains pays interdit toute action thérapeutique en faveur de minorités comme les toxicomanes ou les gays.

En France, l’association Aides et l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS) étudient pendant deux ans, depuis la mi-novembre 2008, « la faisabilité d’une stratégie de dépistage non médicalisé par test rapide auprès d’homosexuels masculins ». L’expérience, intitulée ANRS Com’ Test, porte sur un kit individuel de dépistage du VIH. Ce matériel, qui permet de prélever et d’analyser une goutte de sang au bout du doigt, ressemble assez au kit qu’utilisent les diabétiques insulinodépendants.
Dossier de l’ANRS | article du Monde

Toujours en France, la proportion d’homosexuels contaminés lors de rapports sexuels a progressé, parmi les diagnostics nouveaux de séropositivité, de 26 % en 2003 à 38 % en 2007. En valeur absolue, les découvertes de séropositivité parmi les homosexuels se sont stabilisées à environ 2 500 cas en 2007, chiffre à la baisse pour la première fois depuis 2004. Même si les hétérosexuels représentent 60 % des nouveaux cas de séropositivité, la progression du taux d’homosexuels nouvellement diagnostiqués atteste un inquiétant relâchement de la prophylaxie. Pis encore : la prévalence du VIH (taux de contamination) chez les gays est quatre-vingt-dix fois supérieure à celle des hétéros !

En attendant, c’est en Afrique du Sud que l’on recense le plus grand nombre de sidéens. Mais des chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pensent avoir trouvé le moyen d’y réduire de 95 % le nombre de séropositifs. Pour en savoir plus, lire cet article du Monde (26 novembre 2008).

Et pour terminer, voici trois autres liens utiles.

  1. Une page spéciale de l’Unesco pour cette journée, avec de nombreux liens.
  2. Une interview de Luc Montagnier, codécouvreur du VIH et lauréat du prix Nobel de Médecine 2008.
  3. Une interview de Peter Piot, futur ex-directeur exécutif de l’Onusida.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Le Monde du 25 novembre, World Aids Campaign, Libération et Le Monde du 1er décembre 2008)

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Logo Love & Life

Sans sida, c'est comme ça qu'on préfère la vie – le vit aussi… © DR

(Blogmensgo, 29 novembre 2008) La Journée mondiale de lutte contre le sida commence dès aujourd’hui à Lausanne. Plus précisément ce samedi 29 novembre, à partir de 23 heures et jusqu’à 5 heures du matin, au Mad Club de Lausanne. L’événement s’intitule La nuit stop sida.

Le billet d’entrée (20 francs suisses intégralement reversés aux associations de lutte contre le sida mentionnées ci-dessous ; tout don supplémentaire sera apprécié) inclut la participation à un jeu-concours en plus des animations, drag-queens, danseurs, etc.

Cet événement, estampillé Love & Life @ Mad Lausanne, est coorganisé avec plusieurs autres partenaires : Sid’Action, Point-Fixe, Sid’Actuel, Arc-en-ciel, Vogay (qui exposeront au stand des associations) et Jungle.

Mad Club, rue de Genève 23, Lausanne. Tél. 021-340 69 69.

… et on élit Mister Gay 2009 à Zurich !
Ceux qui disposent d’une voiture arriveront peut-être de Zurich, où se déroule, ce soir aussi, l’élection de Mister Gay 2009 (présentation en allemand | en français). Lequel des neuf finalistes succédera à Sven Müller ? Réponse lors du spectacle de Zurich, ce soir, de 20 h 30 à 23 h.

Philca / MensGo

(via Gay Party du 26 novembre et Mister Gay du 29 novembre 2008)


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(Blogmensgo, 27 novembre 2008) La Papouasie, province la plus pauvre d’Indonésie, envisage d’identifier les séropositifs « sexuellement agressifs » en leur implantant sous la peau des puces électroniques émettant des radiofréquences, exactement comme pour le bétail. Cette mesure vise officiellement à lutter contre la propagation du VIH.

Affiche logo Responsabiliser

Et si l'on commençait par responsabiliser les députés papous ? © Worldaidscampaign.org/fr.

L’assemblée provinciale de Papouasie a l’intention de promulguer une telle loi dès le mois de décembre 2008. Le texte imposerait en outre des peines pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars d’amende et six mois de prison à toute personne qui contamine volontairement autrui.

En Papouasie, la prévalence du VIH atteint 61 cas pour 100 000 personnes, soit quinze fois plus que dans le reste d’un pays où l’on recense 290 000 cas de séropositivité.

Commentaire : Les députés papous ont-ils réfléchi au coût d’une telle mesure ? Ont-ils songé qu’il serait beaucoup plus productif – et intelligent – d’investir de l’argent dans des opérations d’information et de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles plutôt que de jouer les Daktari de pacotille ? Le Parlement de Papouasie chercherait-il à concurrencer le Parlement de Bahreïn dans la conquête du Graal homophobe ?

Philca / MensGo
(via toute la presse du 24 novembre 2008, dont Métro Montréal)

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Logo Journée mondiale contre le sida

Aucun slogan minable n'entamera notre dé-ter-mi-na-tion ! © Worldaidscampaign.org/fr.

(Blogmensgo, 26 novembre 2008) Le 1er décembre 2008 marquera le vingtième anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le sida, manifestation instituée sous l’impulsion des Nations unies. L’événement le plus triste de l’année, mais aussi celui de tous les espoirs. On ne s’étonnera pas de trouver ici, dans les jours qui viennent, de nombreuses évocations de l’événement et des thématiques relatives à la pandémie.

Logo antisida

Oui, le sida est un ascenseur pour l'échafaud. © Worldaidscampaign.org/fr.

Pour commencer, voici quelques liens utiles, piochés parmi les innombrables ressources en ligne :
Page officielle (ONU) | Prise en compte du sida dans le monde (US) | Célébrations dans le monde (cartouches à cliquer) | Aids Action Europe (US) | Rapport mondial sur le sida (2008)

La campagne de communication institutionnelle est placée cette année sous le signe du leadership, avec un triple mot d’ordre : mener, responsabiliser, s’activer. Conclusion : rien n’est plus contre-productif qu’un slogan bêtement calqué sur – et maladroitement traduit de – l’anglais. On espère que les chercheurs seront plus habiles à trouver un vaccin que les tchatcheurs onusiens à concevoir des slogans efficaces.

Carte mondiale des traitements par antirétroviraux.

C'est simple : en rouge, les pays où moins d'un sidéen sur cinq bénéficie d'antirétroviraux. © Aidsaccountability.org.

Philca / MensGo
(via Journée mondiale)

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(Blogmensgo, 3 novembre 2008) Une maison nommée House34 ? Pas de doute, il s’agit de cet édifice virtuel construit sur le Net à l’intention des personnes séropositives ou sidéennes. Quels que soient son sexe et sa sexualité, on y trouve réponse à toutes les questions ou préoccupations, en français ou en allemand.

Photo de House34

House34 : par écrit et sans musique, on en prend plein les yeux et ça repose les oreilles. © House34.ch.

Il s’agit plus précisément d’un salon de tchatche, où l’on cause – par écrit – de manière anonyme, à deux ou à plusieurs. L’ouverture d’un « compte de colocataire » est gratuite et, précise le serveur, l’adresse de messagerie demandée ne sert qu’à des fins strictement techniques.

Une fois inscrit, on se retrouve dans une maison virtuelle où de nombreux éléments visuels sont cliquables. En cliquant sur un tableau noir, j’ai par exemple pu lire un message évoquant la tenue, les 6 et 7 novembre 2008, du « 4e Forum sida suisse d’ASS, OFSP et CFPS » à la Folkshaus de Zurich (Suisse). Dommage que l’on ne puisse pas copier certaines informations pour cause d’interface en Flash. Seuls peuvent être copiés les liens HTML. Alors je copie-colle volontiers celui des organisateurs de la manifestation sus-mentionnée : www.aids.ch.

De nombreux éléments cliquables débouchent sur des informations théoriques, pratiques et abondantes (dans l’espace bibliothèque), assorties de liens internes ou externes au site. Là encore, dommage que les infos internes ne puissent être copiées pour lecture à tête reposée ou transmission à des parents ou amis.

Et pour terminer, trois petites astuces. Primo, il semble plus simple de naviguer en cliquant d’abord sur l’étage (premier ou deuxième), puis sur l’intitulé de la pièce, grâce au plan au-dessous des éléments en Flash. Secundo, penser à activer l’historique des messages (en cliquant dessus) quand on est en phase de tchatche. Tertio, bien cliquer sur la bonne langue avant d’entrer dans le site ; sinon, les francophones se font propulser en germanophonie.

Bref, on est en présence d’un site tout récent, dont les quelques imperfections de jeunesse sont très largement compensées par la qualité du graphisme, l’abondance des informations et la disponibilité des répondants. Cette URL peut d’ores et déjà être considérée comme une adresse majeure pour obtenir des infos. Il me semble que par sa conception, son graphisme et son fonctionnement, ce site devrait beaucoup plaire aux adolescents et aux jeunes adultes.

Philca / MensGo
(via 20 minutes du 30 octobre 2008)

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(Blogmensgo, 21 octobre 2008) Haiti Press Network signale la publication, par l’institut Panos Caraïbes, d’un dossier de presse intitulé Homosexualité masculine et VIH-sida en Haïti. Daté janvier 2008 et téléchargeable en PDF, le dossier stigmatise l’omerta des pouvoirs publics et ses effroyables conséquences sanitaires.

Photo

En Haïti, pas de lutte antisida réussie sans éradication de l'homophobie ! © 2000, Panos / Fritznel Octave.

L’homosexualité ? « La société haïtienne majoritairement homophobe en parle dans les coulisses, résume Panos Caraïbes, mais le débat au niveau national n’est pas encore posé. Nos décideurs, à divers niveaux, semblent n’y accorder aucune attention. Sciemment ou inconsciemment. » Encore faut-il préciser que l’homosexualité a récemment fait l’actualité des médias haïtiens : lorsque Michèle Pierre-Louis s’est présentée au poste de Premier ministre, les sénateurs ont aussitôt brandi comme un épouvantail son homosexualité présumée.

Dans ce pays où « 30 % seulement de ceux qui en ont besoin » reçoivent des antirétroviraux, les homosexuels font figure d’exclus parmi les exclus : « les services pour les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont très limités ou n’existent pas », déplore Panos, qui préconise la prise en compte de cette population dans les programmes de prévention et de soins spécifiques. De plus, « les stigmatisations et les discriminations exercées à l’encontre des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes renforcent leur vulnérabilité et les exposent encore plus au risque d’infection » par le VIH. Et Panos de pointer du doigt, au sujet de la population gay, le terrible mutisme de certaines institutions soi-disant spécialisées dans la lutte contre la pandémie.

Bref, tout reste à faire en Haïti. On s’en convaincra à la lecture du dossier spécial de Panos Caraïbes sur le VIH-sida en Haïti. Un blog gay comme le nôtre ne pouvait pas faire l’impasse sur ce dossier d’une cinquantaine de pages, fût-ce avec plusieurs mois de retard. L’oubli est maintenant réparé.

Philca / MensGo
(via Haiti Press Network du 21 octobre 2008)

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Photo de Barbara Hogan

Barbara Hogan veut diffuser les antirétroviraux. Enfin ! © Ministère sud-africain de la Santé.

(Blogmensgo, 20 octobre 2008) Nommée ministre de la Santé le 26 septembre 2008, Barbara Hogan prend le VIH, la prévention antisida et la diffusion des antirétroviraux avec tout le sérieux qui s’impose. Exactement l’inverse de la précédente ministre sud-africaine de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang.

L’Afrique du Sud compte 5,5 millions de séropositifs sur 49 millions d’habitants. Le pays de Mandela est celui où l’on recense le plus de séropositifs au monde, selon les statistiques officielles. Or, Mme Manto Tshabalala-Msimang et le précédent gouvernement considéraient avec suspicion les antirétroviraux, dont ils avaient gelé la diffusion en Afrique du Sud. Pis encore, l’ancienne ministre préconisait contre le sida des traitements farfelus à base d’huiles essentielles et de plantes potagères.

La nouvelle ministre a décidé de réactiver illico la stratégie sud-africaine de lutte contre le sida. Selon elle, « les principaux défis sanitaires » de son pays sont « la crise du VIH et l’exacerbation de la crise de la tuberculose qui en découle ». On ne saurait mieux dire.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 15 octobre 2008)

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Photo de Luc Montagnier

Luc Montagnier, 76 ans, va cavaler jusqu'à Stockholm pour son plus beau galop. © DKFZ/Scanpix

(Blogmensgo, 6 octobre 2008) Le prix Nobel de médecine 2008 a été attribué, le 6 octobre 2008, aux chercheurs français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, « pour leur découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) » il y a vingt-cinq ans. Encore les deux professeurs de virologie doivent-ils se contenter d’un quart de prix chacun, la moitié du millésime 2008 étant attribuée à l’ex-chercheur allemand Harald zur Hausen, qui identifia le Papilloma virus (VPH), responsable du cancer du col de l’utérus.

La découverte du VIH par les deux chercheurs français remonte à 1983. S’ensuivirent dix années de polémique avec le professeur américain Robert Gallo, qui s’attribua frauduleusement la paternité de la découverte.

Photo de Françoise Barré-Sinoussi

Françoise Barré-Sinoussi, 61 ans, belle Nobel… © L. Dolega/Scanpix

Aujourd’hui âgés respectivement de 61 ans et 76 ans, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier travaillaient tous les deux à l’Institut Pasteur lorsqu’ils découvrirent le VIH. Pour en savoir plus sur l’attribution du prix Nobel de médecine 2008 et ce qu’apporta la découverte des deux virologues français, lire lire ce communiqué de presse en anglais.

On recensait encore 33 millions de séropositifs en 2007 à travers le monde.

<Update> : Dès le 7 octobre 2008, Le Monde a mis en ligne une interview vidéo de Luc Montagnier. Le chercheur français est pessimiste quant à une éventuelle mise au point d’un vaccin préventif.</Update>

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Libération, Agence France-Presse et La Presse canadienne du 6 octobre 2008)

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(Blogmensgo, 3 octobre 2008) En Chine, les contaminations au VIH par des rapports homosexuels sont passées de 0,4 % en 2005 à 3,3 % en 2007, tandis que la contamination par relations hétérosexuelles passait de 11 % à 38 % des cas sur la même période. Tels sont deux faits saillants d’une étude dirigée par Linqi Zhang (Centre de recherche sur le sida de l’Académie chinoise des sciences médicales de Pékin), publiée le 2 octobre 2008 par la revue Nature (résumé gratuit, étude complète payante).

Affiche d'un campagne antisida en Chine

N'attrapez pas le sida, sinon on vous emprisonne dans les statistiques ! © 2006, Chine-informations.com.

Le quotidien français Le Monde évoque les principales raisons incitant à douter de la véracité des chiffres et faisant craindre une très notable sous-évaluation de la pandémie dans l’empire du Milieu. Voici, à mon avis, une supplémentaire : rares sont les Chinois qui osent avouer leur homosexualité ; on peut présumer que la cause d’une contamination consécutive à un rapport homosexuel sera volontiers maquillée, par le déclarant, en quelque chose de moins discriminant d’un point de vue social.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 2 octobre 2008)

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Photo

Quand les 18-25 ans n'ont plus qu'un seul Refuge. © Montpellier notre ville.

(Blogmensgo, 24 septembre 2008) L’association française Le Refuge [son site, son blog, son forum] inaugurera le 30 septembre 2008, à 18 heures, des locaux d’accueil de jour à son siège de Montpellier (coordonnées).

Le Refuge vient en aide aux gays et lesbiennes de 18-25 ans en rupture familiale due à leur homosexualité et, plus généralement, à l’homophobie de leurs proches. Les bénévoles de l’association – qui essaime à Paris et à Bordeaux – leur proposent un accompagnement psychologique, alimentaire et social d’un mois renouvelable. Le Refuge dispose également de cinq places en hébergement temporaire d’urgence (objectif dix places pour 2008).

Les nouveaux locaux d’accueil de jour permettront sans doute au Refuge de renforcer son action de prévention. La difficile prise de conscience de l’homosexualité, la confrontation aux comportements homophobes et la rupture du lien familial sont en effet des catalyseurs de pratiques à risques : prostitution masculine, rapports non protégés, infection au VIH, désocialisation, voire suicide et addictions diverses.

Pour en savoir plus, on peut également lire ce reportage de Libération (14 mai 2008).

Philca / MensGo
(via Marie Claire [non daté] du 23 septembre 2008)

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Photo de Shivraj Vishwanath Patil

Shivraj Vishwanath Patil, ministre indien de l'Intérieur, refuse de dépénaliser l'homosexualité. © Ministère indien des Affaires intérieures.

(Blogmensgo, 19 septembre 2008) Examinant une plainte de la NAZ Foundation contre la section 377 du code pénal indien qui criminalise l’homosexualité, une haute cour de Delhi a entendu, le 18 septembre 2008, deux dépositions ministérielles radicalement contradictoires. Le ministère de l’Intérieur plaidait pour le maintien de la section 377 et le ministère de la Santé prônait sa suppression. Le tribunal a décidé d’attendre que le gouvernement unifie sa position la semaine prochaine.

Pour mémoire, la NAZ Foundation a entamé en 2002 une procédure visant à supprimer la section 377 et cette procédure judiciaire a été relancée en février 2006.

Les arguments restent plus ou moins les mêmes depuis des années. On observe toutefois une certaine évolution du discours. Ainsi peut-on noter qu’aucun des deux plaidoyers ministériels n’évoque plus l’homosexualité comme un acte contre nature. C’est déjà ça. Mieux encore, l’Intérieur et la Santé parlent de « l’homosexualité entre adultes consentants », donc sans entretenir la confusion entre l’homosexualité d’un côté, la pédophilie et le viol de l’autre côté.

Les arguments du ministère de l’Intérieur s’énoncent comme suit : « La société indienne désapprouve fortement l’homosexualité, et cette réprobation est suffisamment forte pour justifier qu’elle soit considérée comme une infraction pénale même lorsque des adultes consentants s’y adonnent en privé. » Selon le ministère de l’Intérieur, dépénaliser l’homosexualité reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore du « comportement délinquant » et à fournir un « fondement sans limite aux actes homosexuels ».

Le ministère de la Santé, qui s’exprimait via la National AIDS Control Organisation (Naco), estime pour sa part que la légalisation de l’homosexualité permettrait de freiner la propagation du sida, car une « marginalisation des séropositifs aurait pour effet de masquer les comportements à risques ». Concernant ce ministère, lire aussi notre article du 19 août 2008.

IndusGay.com

IndusGay.com met les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes et les Indiens avec le Net. © IndusGay.com

Dépénalisation ou pas, il existe déjà des sites web de rencontres pour gays et lesbiennes de nationalité ou d’origine indienne. Dans un article du 2 septembre dernier, le Times of India a consacré un article à l’un d’entre eux… sans mentionner son nom – peut-être pour des raisons juridiques.
La version en ligne de ce même journal n’a toutefois pas hésité à valider le commentaire d’un internaute mentionnant l’URL d’un site de ce genre. Il s’agit, en l’occurrence, du site IndusGay.com, qui réunit les personnes « d’origine indienne » de même sexe. On présume, là encore, que la formule « d’origine indienne » plutôt que « de nationalité indienne » est une précaution juridique.

Philca / MensGo
(via The Times of India du 2 septembre et du 19 septembre 2008)

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La revue se lance dans une chasse concrète aux textes sur l'homosexualité dans la littérature. © Valérie Constantin.

(Blogmensgo, 18 septembre 2008) Toute une revue consacrée à l’homosexualité dans la littérature ? C’est ce que se propose de faire l’éditeur français Le Chasseur abstrait dans la dixième livraison – date non précisée, sans doute en 2009 – de ses Cahiers de la Ral,m. Le numéro 10 s’intitulera « Homosexualité(s) et littérature ».
(Ral,m signifie Revue d’art et de littérature, musique.)

L’éditeur lance dès maintenant un « appel à contributions », assorti d’une longue, érudite et brillante synthèse signée Benoît Pivert, de l’université de Paris-XI. Dans cette introduction, l’universitaire évoque toute la littérature homosexuelle, qu’elle soit gay ou lesbienne, française ou étrangère, récente ou antique, connue ou confidentielle. Soit autant de pistes pour d’éventuels articles.

Benoît Pivert s’interroge notamment sur ce qui a suscité la notoriété et la banalisation de la littérature homosexuelle, passant en revue diverses hypothèses ou possibilités. On aurait tendance à y ajouter trois éléments de la double décennie 1980-1990 : le retrait de l’homosexualité comme maladie mentale par l’Organisation mondiale de la santé ; la propagation du sida et le succès concomitant d’écrivains et cinéastes tels que Cyril Collard et Hervé Guibert qui placèrent la pandémie au centre de leur production ; l’élévation du niveau de vie, qui a contribué à une plus grande diffusion des œuvres d’auteurs homosexuels. Et l’on pourrait ajouter, au titre de la décennie en cours, l’apport d’Internet à la propagation des livres neufs et d’occasion.

Les textes devront être envoyés au plus tard le 31 décembre 2008, selon Fabula.org. Pour connaître les modalités de publication, le plus simple est de contacter Valérie Constantin, directrice de cette revue dont chaque livraison s’étend sur deux cents à quatre cents pages environ.

Philca / MensGo
(via Fabula.org du 17 septembre 2008)

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Photo de Roumanie

Roumanie : la preuve par le sondage. © Romaniatravel.com.

(Blogmensgo, 9 septembre 2008) Un sondage réalisé en juillet 2008 par Gallup Roumanie pour le compte du Conseil roumain contre la discrimination (CNCD) montre à quel point les Roumains sont globalement homophobes… malgré les apparences.

Dans ce pays, 95 % des sondés estiment que la foi en Dieu est importante ou très importante, 87 % en font de même pour la tolérance et 74 % pour « le respect de la culture et les traditions des autres peuples ». Résultat, 74 % des sondés n’aimeraient pas avoir des homosexuels parmi leurs amis proches et 57 % ne veulent pas de collègues homosexuels ; les opinions les plus conciliantes à l’égard des gays et des lesbiennes se recrutent surtout parmi la population jeune (moins de 35 ans) et urbaine, tandis que 85 % à 95 % des personnes âgées (plus de 65 ans) apparaissent homophobes. Si le sexe n’est pas un critère de réponse déterminant, le niveau d’études joue un rôle considérable : ceux qui n’ont pas fait d’études secondaires présentent un « niveau d’homophobie » trois fois supérieur à celui des personnes ayant fréquenté l’enseignement supérieur.

Plus grave encore : 29 % des répondants estiment que les homosexuels sont porteurs du VIH, ce qui explique en partie la discrimination à leur égard.

Et encore plus grave. « Considérez-vous que les relations homosexuelles sont une bonne chose ou une mauvaise chose ? » À cette question gentiment traduite par Google, 68 % des personnes interrogées (67 % des femmes et 70 % des hommes) estiment que c’est « une mauvaise chose », contre 1 % qui pense que c’est « une bonne chose ». À noter que ce n’est « ni bon ni mauvais » selon 19 % des sondés, tandis que 12 % d’entre eux ne se prononcent pas. Les quatre cinquièmes des plus de 65 ans affichent une réponse homophobe, contre « seulement » 56 % dans la tranche des 25-34 ans (pour simplifier la tâche des autres blogueurs, on leur signale qu’il s’agit du graphique n° 52 de ce sondage en roumain téléchargeable au format PDF). L’intolérance est beaucoup plus forte en milieu rural (76 %) qu’en milieu urbain (62 %).

Faut-il prendre des sanctions contre les homosexuels ? Oui, affirment 36 % des Roumains interrogés. Non, estiment 42 % des sondés. Et parmi les sanctions, « la privation de certains droits » (55 %) devance largement « les amendes » (42 %) et « la prison » (28 %). Et dans quel cas punir ? Si une personne de même sexe vous faire des avances (89 %), si l’homosexualité est le fait d’un membre de ma famille (84 %), du professeur d’un de mes enfants (75 %) ou de mon médecin de famille (69 %), ou encore lorsque deux hommes se tiennent la main dans la rue (64 %).

Une large majorité de la population pense que l’on ne devrait pas interdire aux homosexuels de fréquenter les transports en commun ou d’apparaître à la télévision. En revanche, 64 % sont hostiles au mariage homosexuel, 68 % souhaitent que les homosexuels ne soient pas en contact avec les enfants et 56 % leur dénient le droit d’organiser des événements publics.

Il faudrait, selon la majorité des répondants, réserver un traitement à part aux personnes infectées par le VIH sur le lieu de travail (54 %), à l’école (43 %) et dans les lieux publics (39 %). Une majorité écrasante se prononce en faveur de leur prise en charge intégrale par l’État (92 %) et d’une obligation de déclarer sa maladie (86 %).

Le sondage atteste un niveau d’intolérance tout aussi affligeant à l’égard des Roms. On n’ose imaginer ce que les Roumains penseraient d’un Rom homosexuel sidéen…

D’où le théorème suivant :
1 Roumain + 1 Roumain = 2 homophobes

Vu les statistiques ci-dessus, on édulcorera ainsi la formule, que l’immodestie nous incite à intituler « théorème de Philca » :
1 Roumain + 1 Roumain + 1 Roumain = 2 homophobes

Des vacances en Roumanie ? Si l’on vous pose la question, vous saurez maintenant quoi répondre.

Philca / MensGo
(via Canoë et 24 Heures du 8 septembre 2008)

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Photo de Tristan Garcia

Tristan Garcia évoque, dans son premier roman, les années sida qu'il n'a pas connues. © Gallimard.

(Blogmensgo, 3 septembre 2008) Tristan Garcia faisait parler de lui avant même la publication, le 25 août 2008, de son premier roman. Parce qu’il est très jeune (27 ans) et parce que La Meilleure part des hommes est un livre ambitieux, qui évoque le Paris de la décennie 1980 à travers le prisme de l’homosexualité et de l’émergence du sida.

Années quatre-vingt, années sida – que l’auteur reconstruit par la plume à défaut de les avoir vécues autrement qu’en culotte courte. Le battage médiatique est intense, peu habituel pour un premier roman et pour un très jeune écrivain.

Que vaut ce roman ? On pourra s’en faire une idée en lisant quelques extraits du livre chez Gallimard, dans l’édition française de Métro (plus complet), chez Télérama ou chez Lignes de fuite. Gallimard en propose aussi un extrait audio lu par Éric Ruf.

Livre de Tristan Garcia

Gallimard n'aura pas ménagé sa peine pour faire connaître son poulain. Au risque de provoquer une indigestion. © Gallimard.

On peut aussi voir et entendre Tristan Garcia sur le site de son éditeur Gallimard, ou bien ici, dans le cadre d’une série d’interviews en vidéo réalisées par Médiapart (info signalée par Lignes de fuite du 26 août), où encore lire le portrait que lui consacre Le Figaro.

La plupart des critiques actionnent le dithyrambe à l’égard de ce livre comme le plâtrier manie la truelle. Presque tous les avis sont élogieux, à l’image de ce papier de Télérama (URL fournie par le blog de Wrath) qui présente au moins l’avantage de bien résumer l’atmosphère du livre.

Et pour terminer, quelques avis de blogs que l’on apprécie : Lignes de fuite et la toute jeune revue Tina estiment en substance que le livre de Garcia, ni daube ni chef-d’œuvre, pâtit d’une promotion tonitruante et sans finesse.

<Update> du 3 novembre 2008. Enfin un blogueur de qualité qui n’aime pas ce livre. En l’occurrence, Luc le Belge alias Gay Kosmopol a détesté le bouquin de Tristan Garcia. « Pouah que c’est mal écrit », résume Luc. </Update>

Mais le plus simple, pour se faire un avis circonstancié au sujet de ce premier roman, serait de le lire soi-même…

La Meilleure part des hommes, roman de Tristan Garcia. Gallimard, coll. Blanche, août 2008, 320 pages, 18,50 euros. ISBN 9782070120642.

Philca / MensGo
(via tous les liens ci-dessus, août et septembre 2008)

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(Blogmensgo, 1er septembre 2008) Un tribunal de Dakar (Sénégal) a condamné, le 21 août 2008, deux sexagénaires à deux ans de prison ferme pour « mariage homosexuel et actes contre nature ». Les deux prévenus nient toute relation homosexuelle. Ils affirment que leur mariage gay, contracté en Belgique avant leur retour au Sénégal, était un subterfuge trouvé par le Belge Richard Lambot pour faire obtenir un titre de séjour en Belgique au Sénégalais Moustapha Guèye.

Homosexuels ou pas, les deux hommes payent par leur liberté un tribut à la vague d’homophobie qui sévit au Sénégal depuis février dernier. Ce mois-là, un quotidien populaire avait consacré un dossier à un mariage gay clandestin, incitant la population à se déchaîner contre des boucs émissaires tout désignés. Il s’est ensuivi une chasse à l’homosexuel et d’innombrables violences exercées à l’encontre de la population gay sénégalaise.

Photo d'Abdoulaye Wade

Le président sénégalais Abdoulaye Wade : le sort des homosexuels, il s'en lave les mains. © Service photo de l'Élysée / D. Noizet.

Les conséquences sanitaires ont été particulièrement dramatiques, obligeant de nombreux homosexuels sidéens à interrompre leur traitement médical ou à s’exiler temporairement. Sur ce sujet, lire l’excellent reportage du réseau onusien Irin.

À Dubaï, la justice a condamné, en appel comme en première instance, deux étrangères à une expulsion précédée d’un mois de prison pour s’être embrassées sur une plage publique en avril 2008. La Bulgare de 36 ans et la Libanaise de 30 ans se sont « embrassées, câlinées et adonnées à des actes indécents », selon l’acte d’accusation.

Comme les deux sexagénaires au Sénégal, les deux trentenaires ont plaidé non coupable dans l’émirat. On pourrait affirmer que les deux affaires sont quasi similaires et qu’elles dénotent une homophobie au quotidien qui ne dit pas son nom.

Ces deux affaires sont pourtant beaucoup plus dissemblables qu’elles n’en ont l’air, malgré le double point commun de l’homophobie et de la religion.

Dubaï est un émirat officiellement musulman. Le Sénégal, où près de 95 % de la population est musulmane, demeure un État laïc. Sous couvert de religion, Dubaï proscrit l’homosexualité et l’assimile plus ou moins à la prostitution. Si l’homosexualité est théoriquement passible de sanctions pénales au Sénégal, les poursuites effectives y sont assez rares et les homosexuels, d’une manière générale, ne sont pas inquiétés tant qu’ils restent discrets. La récente condamnation d’un Sénégalais et d’un Belge par la justice sénégalaise visait moins à réprimer l’homosexualité qu’à sanctionner un mariage gay. Et la différence n’est pas que de pure forme.

Quant au vent d’homophobie qui souffle depuis quelques mois au Sénégal jusqu’à y entraîner des quasi-pogroms et une psychose parmi la population homosexuelle, on peut affirmer que ce vent n’est pas soufflé par le président Abdoulaye Wade ni par son gouvernement. Wade préfère adopter une posture de Ponce Pilate – d’où une impunité de fait dont profitent certains excités. Malgré les apparences, cette homophobie n’est pas non plus dictée d’une manière prédominante par des considérations religieuses. L’islam du Sénégal est beaucoup plus tolérant que celui de Dubaï, même si certains extrémistes tentent de le radicaliser.

Hasardons l’hypothèse que l’homophobie à la sénégalaise est sociétale : elle trouve son origine dans la pauvreté et dans ses deux corollaires, le manque d’information et le besoin de trouver des boucs émissaires. Le meilleur moyen d’y mettre un terme, pensons-nous, serait de contribuer à l’enrichissement du Sénégal plutôt que de boycotter cette destination.

Au contraire, l’homophobie est d’essence politico-religieuse dans le richissime émirat de Dubaï, qui souhaite devenir encore plus riche en s’ouvrant au tourisme. Grand bien lui fasse – mais ce sera sans nous.

Philca / MensGo
(Sénégal via Irin du 25 août et Le Figaro du 25 août, Dubaï via TF1 du 31 août 2008)

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