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Drapeau du Burundi

Burundi, le pays aux 90 % de députés homophobes. © DR.

(Blogmensgo, 24 novembre 2008) Alors que l’homosexualité n’était pas réprimée par la loi, les députés du Burundi ont adopté, le 22 novembre 2008, un nouveau code pénal qui fait de l’homosexualité un délit. Les 620 articles du nouveau code pénal n’entreront toutefois en vigueur que si le Sénat en ratifie le texte (examen cette semaine) et si le président Pierre Nkurunziza en signe le décret de promulgation.

« Quiconque entretient des relations sexuelles avec une personne de même sexe est passible d’une peine de trois mois à deux ans de prison et d’une amende de cinquante à cent mille francs [de 34 à 67 euros] ou d’une de ces deux peines seulement. » Le nouveau code pénal, sous prétexte qu’il abolit la peine de mort, est qualifié de courageux par les 90 députés qui l’ont adopté, face à 10 abstentions et aucun vote contre.

Deux voix burundaises ont publiquement condamné la criminalisation de l’homosexualité par l’Assemblée nationale. La députée Catherine Mabobori a eu ce courage, dans une région où l’homosexualité n’a pas bonne presse. Georges Kanuma et l’Association pour le respect des droits des homosexuels (Ardho), qu’il préside, sont eux aussi atterrés par un nouveau code pénal aux conséquences meurtrières. « Comment allons-nous lutter contre le sida dans notre communauté et dans notre pays avec une telle loi puisque désormais les homosexuels vont se cacher ? » se lamente le responsable de l’Ardho.

Le VIH et le sida constituent un enjeu épidémiologique majeur au Burundi, d’autant plus que la prévention n’a commencé que fort tard, dans ce pays, au sein de la population gay. La prévalence y est d’ailleurs en augmentation depuis quelque temps, comme l’explique cet article passionnant du réseau Irin (à lire de toute urgence, c’est effarant). Même le ministre burundais de la Santé publique reconnaît l’ampleur des moyens nécessaires pour juguler la pandémie. Le Burundi compte environ 220 000 personnes contaminées et seul un cinquième des 50 000 personnes contaminées bénéficie d’antirétroviraux (info citée par @rib New du 28 octobre 2008).

D’après l’opposant burundais Gratien Rukindikiza, qui n’a pas de mots assez durs contre le texte voté par les députés, l’introduction de dispositions pénales à l’encontre des homosexuels est dictée par des motifs religieux.

Et pour terminer sur une note plus légère, voici deux petites observations. Je m’en aperçois seulement aujourd’hui : c’est fou ce que le drapeau burundais ressemble à une… tête de mort. Et puis c’est quand même marrant qu’une loi homophobe puisse être promulguée dans un pays comme le Burundi, dont le code-pays Internet est : .bi !

Philca / MensGo
(via AFP, 22 novembre 2008)

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Photo du Golden Gate Bridge

Le Golden Gate ne fait plus rêver. © Visitusa.com.

(Blogmensgo, 5 novembre 2008) Sur 153 référendums tenus en marge du scrutin présidentiel du mardi 4 novembre 2008, les quatre référendums intéressant la communauté gay ont tous été perdus.

Trois États américains ont rejeté le mariage homosexuel à l’occasion de référendums d’initiative locale : l’Arizona et la Floride à une large majorité, la Californie d’une courte tête. L’Arkansas a pour sa part adopté un amendement homophobe qui ne dit pas son nom.

En Californie et sur la base de 93,6 % des bureaux de vote, la Proposition n° 8 visant à l’interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel semblait l’emporter de 4,2 %. Cela donnerait un scrutin serré d’environ 52 % contre 48 %. L’histoire ne dit pas ce qu’il adviendra des 18 000 mariages homosexuels contractés en Californie depuis la légalisation du mariage gay le 15 mai 2008 (cf. nos articles du 17 juin et du 16 mai 2008).

En l’an 2000, 61 % des Californiens s’étaient prononcés en faveur d’un mariage strictement limité aux couples hétérosexuels.

En Floride, l’Amendement n° 2 visait à inscrire dans la Constitution de l’État que le mariage doit obligatoirement impliquer un homme et une femme, donc récuser tout mariage homosexuel. Selon des chiffres quasi définitifs, l’Amendement n° 2 l’a emporté avec 62 % des voix contre 38 %. Le texte prohibe par ailleurs toute forme d’union civile ou de pacte civil de solidarité (pacs), que les partenaires soient ou non du même sexe.

Il existait déjà en Floride une loi interdisant le mariage homosexuel. Le référendum va donc plus loin, à double titre : il élargit l’interdiction aux pacs et il interdit désormais toute action en justice, la Constitution ne pouvant être contestée que un référendum dont la tenue nécessite au préalable une pétition réussie.

Le texte soumis à référendum était celui-ci : « Inasmuch as marriage is the legal union of only one man and one woman as husband and wife, no other legal union that is treated as marriage or the substantial equivalent thereof shall be valid or recognized. »

En Arizona, la Proposition n° 102 a obtenu environ 56 % des voix. La légalisation du mariage homosexuel y a donc été retoquée, tout comme en 2006.

En Arkansas, un référendum adopté à une large majorité (57 % selon des chiffres provisoires) interdit aux couples non mariés de devenir tuteurs ou parents adoptants. Ce qui revient ipso facto à interdire l’adoption aux couples gay.

Le 4 novembre 2004, on dénombrait onze référendums visant à interdire le mariage gay, contre « seulement » trois cette année.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 5 novembre 2008, dont CBS2, Tufts Daily, CBS 4, CNN, Human Events, Standard.net [article très complet sur la Californie], AlertNet)

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Photo de Barbara Hogan

Barbara Hogan veut diffuser les antirétroviraux. Enfin ! © Ministère sud-africain de la Santé.

(Blogmensgo, 20 octobre 2008) Nommée ministre de la Santé le 26 septembre 2008, Barbara Hogan prend le VIH, la prévention antisida et la diffusion des antirétroviraux avec tout le sérieux qui s’impose. Exactement l’inverse de la précédente ministre sud-africaine de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang.

L’Afrique du Sud compte 5,5 millions de séropositifs sur 49 millions d’habitants. Le pays de Mandela est celui où l’on recense le plus de séropositifs au monde, selon les statistiques officielles. Or, Mme Manto Tshabalala-Msimang et le précédent gouvernement considéraient avec suspicion les antirétroviraux, dont ils avaient gelé la diffusion en Afrique du Sud. Pis encore, l’ancienne ministre préconisait contre le sida des traitements farfelus à base d’huiles essentielles et de plantes potagères.

La nouvelle ministre a décidé de réactiver illico la stratégie sud-africaine de lutte contre le sida. Selon elle, « les principaux défis sanitaires » de son pays sont « la crise du VIH et l’exacerbation de la crise de la tuberculose qui en découle ». On ne saurait mieux dire.

Philca / MensGo
(via Le Monde du 15 octobre 2008)

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Photo

L'Inde est-elle soluble danq le multicolore ? © Phnk, 2008.

(Blogmensgo, 29 septembre 2008) Le procureur général spécial P. P. Malhotra a demandé, le 29 septembre 2008, à la haute cour de justice de Delhi de ne pas tenir compte de la déclaration du ministre de la Santé, Anbumani Ramadoss, visant à dépénaliser l’homosexualité. Trois jours auparavant, le procureur général spécial se livrait à une violente diatribe antilégalisation.
(Résumé de l’affaire le 19 septembre, avis du ministre de la Santé le 19 août 2008.)

« Peu importe ce que dit le ministre » de la Santé, « c’est à la justice qu’il appartient de se prononcer », a déclaré aujourd’hui P. P. Malhotra. Dans sa plaidoirie du 26 septembre prononcée au nom du gouvernement fédéral, il affirmait que l’homosexualité est un « vice social » et que les gays et lesbiennes sont des « esprits pervers ». Une éventuelle dépénalisation, a-t-il ajouté, aurait pour effet de propager le sida et le VIH.

Commentaire : La diatribe du procureur général spécial a des allures de camouflet pour la communauté homosexuelle et de désaveu pour le ministre de la Santé.
Mais trois raisons m’incitent à voir les choses d’une manière plus optimiste. Primo, la haute cour a clairement rappelé au gouvernement que l’affaire dont elle est saisie vise à autoriser les relations sexuelles en privé entre adultes consentants de même sexe, et non pas à supprimer dans son intégralité la fameuse section n° 377 du cope pénal (qui traite, entre autres, de l’homosexualité). Secundo, le procureur général spécial a fermement rappelé, comme évoqué ci-dessus, que « c’est à la justice qu’il appartient de se prononcer ». À la justice et non au gouvernement, tout est dans la nuance. Tertio, on peut imaginer que la virulence de la plaidoirie du procureur permettrait au gouvernement de ne pas perdre la face au cas où la justice se prononcerait pour l’autorisation des relations homosexuelles entre individus consentants. L’avenir dira.

Philca / MensGo
(via Têtu du 29 septembre, The Times of India des 26 septembre et 29 septembre 2008)

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(Blogmensgo, 17 septembre 2008) Le fichier de police Edvige (cf. notre article du 10 juillet 2008) ne mentionnera pas l’orientation sexuelle ni l’état de santé des personnes fichées. C’est ce qu’a indiqué la ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, en déclarant qu’elle modifierait en conséquence le décret relatif à Edvige.

Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy

Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy remplissent une fiche. © Service photo Élysée / M. Klein.

Le gouvernement français affirme vouloir édulcorer divers autres éléments, en particulier la durée de fichage des mineurs de 13 ans.

En revanche, le gouvernement français ne pipe mot concernant les manières détournées de ficher les pratiques sexuelles et l’état de santé des gens. Manières détournées ? Si tu es membre d’une association de gays ou de sidéens, il y au moins neuf chances sur dix pour que tu sois toi-même gay ou sidéen. Bref, le fichage des données sanitaires et sexuelles demeure, mais il se fait plus discret. CQFD.

À ce jour, plus de 180 000 personnes ont déjà signé la pétition pour l’abandon du fichier Edvige. Pétition qui, on l’a vu ci-dessus, conserve toute sa pertinence.

Philca / MensGo
(via La Voix du Nord du 9 septembre, Le Monde et Libération du 17 septembre 2008)

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Photo de Cover Moore

La députée-maire de Sydney, Cover Moore, coupable d'angélisme ? © Clovermoore.com.

(Blogmensgo, 26 août 2008) L’idée part d’un bon sentiment : exprimer sa solidarité avec la communauté LGBT en placardant des visuels (affichettes ou autocollants) qui dénoncent l’homophobie dans les quartiers de de la ville de Sydney fréquentés par les homosexuels.

Cette idée généreuse, reprise à son compte par le conseil municipal de la métropole australienne (origine de la proposition), est soutenue par la députée-maire Clover Moore, dont le site web officiel consacre une rubrique aux thématiques LGBT. Le projet a d’ailleurs été conçu en partenariat avec des associations LGBT locales.

Afficher des messages anti-homophobie à Oxford Street et dans des lieux (bars, boîtes de nuit, commerces) ou quartiers à forte fréquentation gay ? On risque d’obtenir l’effet inverse, estime une partie du conseil municipal : les homophobes avinés pourraient bien prendre ces appels à la tolérance pour de la provocation…

Philca / MensGo
(via Libération, Le Figaro et Cyperpresse du 25 août 2008)

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Photo d'Anbumani Ramadoss

Au nom de la santé, Anbumani Ramadoss veut dépénaliser l'homosexualité en Inde. ©http://mohfw.nic.in

(Blogmensgo, 19 août 2008) Anbumani Ramadoss (photo), ministre fédéral de la Santé, s’est dit très favorable à une dépénalisation de l’homosexualité en Inde. Le ministre s’exprimait ainsi, le 7 août 2008, lors de la conférence internationale sur le sida, à Mexico. S’il n’est pas encore très consensuel dans son pays, le discours du ministre atteste que les mentalités indiennes commencent à changer.

Anbumani Ramadoss veut notamment faire abroger la section n° 377 du code pénal, qui proscrit les relations sexuelles entre hommes. Or, la National AIDS Control Organisation (Naco) estime que parmi les 2,5 millions d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, on dénombre 15 % de sidéens et 100 000 personnes présentant un risque élevé de contamination par le VIH.

Autrement dit, la dépénalisation de l’homosexualité aurait un effet prophylactique non négligeable, selon le ministre.

Ce revirement ministériel intervient alors que les défilés homosexuels connaissent une affluence croissante, à l’image des 1 500 personnes dans les rues de Bombay (Mumbai) le 16 août et du succès de la « Queer Pride » de Delhi, Calcutta (Kolkata) et Bangalore, fin juin 2008.

Pendant ce temps, la presse indienne n’hésite plus à se faire l’écho des revendications de la communauté LGBT, comme l’atteste cette revue de presse spécialisée. Une Nigah QueerFest, avec festival de cinéma, conférences et grande fête nocturne, était même annoncée à Delhi pour la période du 8 au 17 août 2008. Soit autant d’éléments susceptibles d’augmenter la visibilité de la communauté en Inde.

Philca / MensGo
(via The Times of India du 9 août 2008)

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(Blogmensgo, 18 août 2008) Les deux principaux candidats à l’élection présidentielle américaine de novembre 2008, John McCain et Barack Obama, ont confronté leurs programmes à l’occasion d’un débat TV en direct, le 16 août 2008.

Photo de Barack Obama

Barack Obama : Oui, mais… ©Barackobama.com

Photo de John McCain

John McCain : Non, non et non ! ©Johnmccain.com

Les deux adversaires étaient interrogés séparément par le pasteur Rick Warren. Leurs échanges indirects ont porté sur de nombreux sujets. On n’évoquera ci-dessous que ce qui concerne directement la communauté homosexuelle.

Le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain sont tous les deux hostiles au mariage gay.
Chez McCain, 71 ans, c’est quasi viscéral : pas question d’autoriser le mariage homosexuel, ni même d’accepter une quelconque union civile entre deux personnes du même sexe.
Si Obama se déclare favorable aux unions civiles des couples homosexuels et se refuse à interdire le mariage gay par un amendement constitutionnel, il n’en considère pas moins que seuls un homme et une femme peuvent se marier ensemble. Autrement dit, Barack Obama est hostile au mariage homosexuel.

[On rappellera que le candidat démocrate est hostile à toute discrimination à caractère sexuel, y compris au sein de l’armée. Malgré son opposition au mariage gay, Barack Obama est favorable à l’homoparentalité.]

Les deux candidats exprimaient ainsi leurs opinions à la fois devant un parterre de spectateurs évangélistes et devant des millions de téléspectateurs. Reste à savoir dans quelle mesure leurs arguments, exprimés dans ce contexte « religieux », feront partie intégrante de leur activité présidentielle.

Aux États-Unis, 96 % de la population se dit croyante et 70 % se déclare plus ou moins pratiquante. Le patrimoine des congrégations religieuses américaines dépasse les 100 milliards de dollars.

Philca / MensGo
(via About.com [sans date], Le Monde, Continental News et Le Figaro du 17 août 2008)

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Photo de manifestants

(Blogmensgo, 7 août 2008) Si les pharmacies disposent maintenant d’une trentaine d’antirétroviraux, l’espoir de découvrir prochainement un vaccin préventif contre le sida s’amenuise. En revanche, malgré l’ostensible absence du gouvernement français, la diffusion des traitements commence à se démocratiser dans le monde entier. Tels sont les premiers constats de la conférence internationale sur le sida qui se tient actuellement à Mexico.

La Banque mondiale, le programme d’urgence américain contre le sida (Pepfar) et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose sont convenus qu’il fallait à la fois intensifier la diffusion des traitements, afin de répondre à la demande des pays bénéficiaires, et en systématiser la gratuité. La Banque mondiale refusait auparavant d’adopter ce genre de discours.

Photo de manifestants

L'accès aux antirétroviraux est un droit universel ! ©2008 Universal AIDS Action NOW

Les grands organismes mondiaux de lutte contre la pandémie sont conscients qu’il faut augmenter les budgets tous azimuts pour combattre le VIH : ceux des organisations internationales spécialisées, ceux des États et ceux des ONG. Car si les traitements circulent mieux, les États disposent rarement en quantité suffisante d’un personnel qualifié, et ce sont alors les ONG qui doivent compenser les carences des finances publiques. C’est justement le paradoxe : il est parfois plus facile de trouver des antirétroviraux que de dénicher un praticien capable de les prescrire ou de les administrer.

Tous ont constaté que la période était plus propice à la diffusion des traitements : les médicaments sont plus nombreux, moins chers et plus efficaces qu’auparavant.

En revanche, la chaise vide du gouvernement français aura choqué plus d’un commentateur [1], [2], [3], [4]. En vidant sa chaise, le gouvernement français semble aussi vider une partie de sa caisse. Ainsi le ministère français des Affaires étrangères a-t-il décidé de ne plus octroyer 1 million d’euros par an à l’Agence française de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS), mais seulement 600 000 euros. Ce n’est certes qu’une source minime du financement de cette agence (lire son dossier d’information en PDF), mais la chronologie de cette restriction budgétaire apparaît porteuse de sens.

Philca / MensGo
(via Le Monde et Libération du 5 août, Romandie News et The Journal of the American Medical Association du 6 août et Libération du 7 août 2008)

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Ouverture de la conférence mondiale sur le sida

Séance d'ouverture de la conférence mondiale sur le sida, à Mexico. © International AIDS Society / Mondaphoto.

(Blogmensgo, 4 août 2008) La conférence mondiale sur le sida se tient cette année à Mexico, du 3 au 8 août. Cette dix-septième édition est aussi la première à se dérouler dans la très homophobe Amérique latine.

Quelque 22 000 personnes (chercheurs, responsables politiques, humanitaires et associatifs, plus 2 500 séropositifs ou sidéens) participent d’une manière ou d’une autre à la conférence. Ban Ki-moon veut que « le sida reste une priorité pour les Nations unies » ; mais « les budgets devront considérablement augmenter au cours des prochaines décennies », a reconnu le secrétaire général des Nations unies.

Photo de ban Ki-moon

« Les budgets devront considérablement augmenter au cours des prochaines décennies » (Ban Ki-moon). © 2008, International AIDS Society / Mondaphoto.

Plusieurs délégations brillent par leur quasi-absence, à l’image de la délégation française où ne figure aucun membre du gouvernement – soi-disant pour cause d’agenda surchargé… en plein mois d’août.

À Mexico, les sujets de discussion ne manquent pas : la prévention de la pandémie et sa féminisation, la mise au point d’un vaccin, la diffusion des médicaments – et en particulier des trithérapies – dans les pays à faibles revenus, la discrimination à l’encontre des 33 millions de séropositifs. On rappellera que la Chine, pays des droits de l’homme, interdit son territoire à tout séropositif, même pendant les Jeux de la honte olympiques d’août 2008…

Concernant les statistiques mondiales sur le sida, lire aussi notre article du 30 juillet. Et pour en savoir plus sur la prévention et les trithérapies, lire notre article du 29 juillet.

On peut également télécharger, au format PDF, Global Voice – La Voz Global, journal officiel de la conférence, bilingue anglais-espagnol (livraison des 2-3 août).

Philca / MensGo
(via Romandie News, Xinhua et Agence France-Presse du 4 août 2008)

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Affiche de la Gay Pride 2008 à Amsterdam

Affiche officielle de la Gay Pride 2008 à Amsterdam, © ProGay

(Blogmensgo, 1er août 2008) Ronald Plasterk (photo, fiche Wikipédia), ministre néerlandais de l’Éducation, de la Culture et des Sciences, a affrété un bateau afin d’y faire défiler le gouvernement, le 2 août 2008, à l’occasion de la Gay Pride d’Amsterdam.

C’est la première fois que le gouvernement participe à une telle manifestation. Plusieurs de ses membres, dont le ministre de la Culture (également coordonnateur de la politique gay du gouvernement) et la ministre de l’Intérieur vont donc y défiler. Dans l’un des 80 bateaux inscrits, puisque la manifestation emprunte les canaux d’Amsterdam.


Photo de Ronald Plasterk

Ronald Plasterk, le ministre qui (ne se) défile (pas) ! © government.nl

La Gay Pride d’Amsterdam accueillera aussi deux nouveaux inscrits : un bateau de police et un « bateau du christianisme ».

Rien que cela justifie un samedi à Amsterdam. On peut même y séjourner bien au-delà du week-end, tant sont nombreux les événements et activités spécialement organisés à l’occasion de la Gay Pride ! ;-)

Défilé de la Gay Pride 2006 à Amsterdam

Défilé de la Gay Pride 2006 à Amsterdam © weareproud.nl


Gay Pride 2006 à Amsterdam

La Gay Pride d'Amsterdam en 2006, © weareproud.nl

Gay Pride 2006 à Amsterdam

Défilé de la Gay Pride 2006 à Amsterdam © weareproud.nl


Philca / MensGo
(via communiqué PR Newswire du 1er août 2008)

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Bülent Ersoy(Blogmensgo, 22 juillet 2008) Deux institutions sont quasi intouchables en Turquie : l’armée et la chanteuse transsexuelle Bülent Ersoy. En septembre 2008, la seconde sera convoquée au tribunal par la première.

Bülent Ersoy, 56 ans, risque trois ans de prison pour « incitation à la haine contre les forces armées ». Un véritable crime, dans ce pays où l’armée, État dans l’État, entretient le nationalisme à grands coups de conscription – obligatoire pour les hommes –, de discours belliqueux et de communiqués triomphalistes.

Tout a commencé en février 2008, à l’occasion de la Star Ac turque « Popstar Alaturka » dont Bülent Ersoy était membre du jury. L’immense chanteuse transsexuelle de musique traditionnelle turque prit alors le micro et livra, au nom des mères de soldats, un vibrant discours pacifiste alors même que l’armée nationale menait des raids contre le PKK au nord de l’Irak. « Je ne suis pas une mère et ne le serai jamais, mais si j’avais eu des fils, je refuserais de les envoyer à la tombe ! » déclara-t-elle en substance.

Bülent Ersoy

Ce n’est pas la première fois que Bülent Ersoy s’oppose aux autorités turques. En 1980, elle fut interdite de médias pendant huit ans après avoir changé de sexe à Londres, cette opération étant interdite dans son pays d’origine.

Qui l’emportera ? L’artiste pacifiste aux 11 films et 30 albums ou bien l’armée belliciste aux centaines de prétendus « soldats martyrs » ? L’étoile du music-hall ou bien les étoiles des généraux ? Réponse en septembre.

[Crédit photographique : Bülent Ersoy, © www.divabulentersoy.com.]

Philca / MensGo
(via Le Monde du 26 juin [abonnement] et Le Matin Online du 5 juillet 2008)

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Cow-boys défilant à la Regenbogenparade de Vienne

(Blogmensgo, 21 juillet 2008) Regenbogenparade. La Parade Arc-en-ciel (en allemand, Regenbogen est un nom masculin signifiant arc-en-ciel), ou Rainbow Parade, a enregistré une participation record de 120 000 personnes, le 12 juillet 2008, dans les rues de Vienne (Autriche). Cette 13e édition se tenait sous l’égide de la Homosexuelle Initiative Wien (Hosi, Initiative homosexuelle de Vienne).

Des couleurs, il y en a eu, avec celle du soleil en plus de celles de l’arc-en-ciel. La Regenbogenparade 2008 avait un double mot d’ordre : réclamer la légalisation du mariage homosexuel et demander une égalité de traitement à l’égard des homosexuels. Si plusieurs partis politiques ont affiché leur participation à la Regenbogenparade, il est certain qu’aucun d’entre eux ne voudra se risquer à militer ouvertement pour la cause LGBT avant les élections anticipées de septembre prochain.

Arc-en-ciel gris à la Regenbogenparade de Vienne

La Hosi répertorie sur son site de nombreuses galeries photo ayant couvert l’événement. On pourrait y ajouter la galerie de Manfred Bachmann, au bémol près que ce photographe – malgré un talent évident – privilégie outrageusement la gent féminine. ;-)

[Crédit photographique : Parade + Arc-en-ciel = Regenbogenparade, © Hosi et Goldenberg (arc-en-ciel gris), Hosi et Hannes Hochmuth (chapeaux bleus).]

Philca / MensGo
(via du Le Figaro et AFP du 12 juillet 2008)

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(Blogmensgo, 10 juillet 2008) Un décret du 27 juin 2008 autorise le ministre français de l’Intérieur et ses services à créer un fichier consignant des renseignements aussi divers que l’orientation sexuelle, l’état de santé et la séropositivité de toute personne âgée d’au moins 13 ans. Le fichier, qui a pour acronyme Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale), a été presque unanimement condamné.

Photo d'ordinateur portable

Le fichier Edvige a, entre autres, pour mission de collecter toute information sur les personnes « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ». Sauf cas précis, la durée de consignation de ces renseignements n’est pas limitée. Le flou de certaines formulations laisse craindre toutes les dérives.

C’est pourquoi, dans un avis publié le 2 juillet, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) « regrette que la possibilité de collecter désormais des informations relatives aux origines ethniques, à la santé et à la vie sexuelle des personnes ne soit pas assortie de garanties suffisantes ». Edvige ne doit en principe enregistrer de telles informations que de « manière exceptionnelle », contrairement à ce que prévoyait une première version du décret.

Peut-être sommes-nous tous des délinquants potentiels, après tout. Au fait, le fichier Edvige ne vous rappelle-t-il pas le projet de logiciel Ardoise ? :-(

[Update : Pour signer la pétition contre Edvige, cliquer ici.]

[Crédit photographique : Que de fiches dans un ordinateur ! © Ian Britton, FreeFoto.com.]

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont L’Humanité et Le Figaro du 3 juillet 2008)

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Photo de Bibiana Aído(Blogmensgo, 8 juillet 2008) Gay Prides radicalement différentes, le samedi 5 juillet 2008, à Madrid et à Budapest. Défilé festif et plébiscité en Espagne, chétif et sous haute protection en Hongrie.

À Budapest, ils étaient venus casser du pédé. Des contre-manifestants d’extrême droite s’en sont pris aux 450 manifestants homosexuels ou homophiles, leur ont jeté des œufs, des bouteilles et même des pavés et des cocktails Molotov.

La police hongroise a dû faire modifier le parcours et raccompagner les participants afin de les protéger contre les extrémistes, dont quarante-cinq auront été interpellés.

Le contexte madrilène est bien différent, puisque l’Espagne a légalisé le mariage homosexuel. Mieux encore, une ministre du gouvernement, Bibiana Aído, 31 ans (lire son CV en anglais), qui occupe le portefeuille de l’Égalité depuis le 12 avril 2008, a défilé en tête de cortège.

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé à la Gay Pride de Madrid. Cette année, la manifestation avait pour thème générique la « visibilité lesbienne ».

[Crédit photographique : Bibiana Aído, ministre espagnole de l’Égalité, a défilé en tête de la Gay Pride madrilène. © site du gouvernement espagnol.]

Philca / MensGo
(via La Tribune de Genève du 5 juillet et Le Matin du 6 juillet 2008)

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