Posts Tagged “mariage gay”

Livre King & King

1 prince + 1 prince = 1 polémique. © Tricycle Press.

(Blogmensgo, 12 novembre 2008) Et si les électeurs californiens avaient décidé d’interdire le mariage homosexuel à cause d’un livre pour enfants ? Les partisans de la fameuse Proposition n° 8 – adoptée par référendum à une courte majorité de 52,5 % – ne se sont pas privés de brandir, en guise d’épouvantail, le livre pour enfants King & King (fiche Wikipédia) sous prétexte qu’il risque traumatiser ses jeunes lecteurs.

Ce livre est l’adaptation américaine d’un livre de Linda de Haan et Stern Nijland initialement publié aux Pays-Bas. Il raconte comment un jeune prince en âge de se marier tombe amoureux d’un autre jeune prince. Le livre, disponible dans de nombreuses bibliothèques, est parfois inscrit au programme de certains établissements scolaires. En 2006, une plainte fédérale déposée contre une école du Massachusetts par des parents d’enfants âgés de 7 ans a été classée sans suite, au motif qu’elle était contraire au principe de diversité nationale.

Et en Californie ? Des partisans de la Proposition n° 8 ont prétendu que de tels livres risquaient de perturber gravement le développement psychique des enfants. Sous-entendu : le mariage gay aussi, hein, il risque aussi de perturber gravement nos chers bambins et de dévoyer nos petits jeunes. Bref, des arguments décérébrants pour un public déjà décérébré…

Philca / MensGo
(via ActuaLitté du 7 novembre 2008)

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(Blogmensgo, 6 novembre 2008) La Proposition n° 8 a fait coup double : elle interdit désormais tout mariage homosexuel en Californie (plus de 52 % des suffrages favorables à l’interdiction) et en cela elle revient sur l’avantage acquis d’un mariage gay qui était devenu légal en mai 2008. Il s’agit là d’une première aux États-Unis, puisque les autres référendums du même genre (Arizona et Floride cette année) ont refusé d’introduire un mariage gay qui n’existe pas dans leur droit local.

Photo d'une Gay Pride

La paroisse épiscopalienne de Los Angeles milite pour les droits LGBT et son évêque, Jon Bruno, n'hésite pas à dénoncer la Bible. © Ladiocese.org.

Premier paradoxe : le quasi-vide juridique où se trouvent les 18 000 couples homosexuels qui se sont mariés en Californie depuis la mi-juin 2008. Les mariés seront-ils transformés, du jour au lendemain, en célibataires ? Le ministre californien de la Justice, Jerry Brown, pense que les mariés homosexuels conserveront leur certificat de mariage, sans toutefois exclure des procédures judiciaires visant à les en déposséder.

Bizarrement, on recensait encore des demandes de mariage homosexuel au lendemain du référendum.

Deuxième paradoxe : ce sont les Noirs et les Latino-Américains, populations le plus favorables à Barack Obama, qui ont fait basculer le scrutin en faveur de la Proposition n° 8. Les Afro-Américains ont voté à 70 % contre le mariage gay, de même qu’une majorité de la population hispanique. La véhémence de leur vote a même déjoué les pronostics des sondeurs, qui tablaient sur une défaite de la Proposition n° 8 dans la région de Los Angeles alors qu’elle l’y a emporté d’une courte tête.

Cette attitude est d’autant plus étonnante qu’il y a un siècle et demi, les esclaves noirs n’avaient même pas le droit de se marier entre eux. D’autant plus étonnante aussi que Barack Obama s’était lui-même – quoique très discrètement – rallié au combat contre la Proposition n° 8.

Le résultat du scrutin fait apparaître une pyramide des âges où quelque 60 % des moins de 30 ans souhaitaient la défaite de la Proposition n° 8, tandis que la même proportion des plus de 65 ans y était favorable.

Troisième paradoxe : alors qu’il est presque impossible de contrer un vote référendaire sauf en organisant un contre-référendum, trois procédures judiciaires sont en préparation qui visent toutes à faire enterrer la Proposition n° 8.

C’est ainsi qu’un collectif de trois organisations dont l’American Civil Liberties Union va porter l’affaire devant la Cour suprême, estimant qu’un scrutin ne peut pas servir à amputer les droits des uns par rapport à ceux des autres. Les municipalités de Los Angeles et San Francisco vont elles aussi s’adresser à la Cour suprême, arguant que la Proposition n° 8 bride les droits constitutionnels des gays. On parlera de la troisième procédure à la fin de cet article.

Quatrième paradoxe : l’un des plus farouches partisans du mariage gay est un… évêque épiscopalien ! Il s’agit de Joseph Jon Bruno (fiche Wikipédia), évêque de Los Angeles, qui prévenait ses ouailles juste avant le scrutin que « les droits constitutionnels des lesbiennes et des gays sont iniquement visés par cette mesure » référendaire. Et d’enfoncer le clou en rappelant que « la Bible fut jadis utilisée pour justifier l’esclavage, entre autres formes d’oppression ». Il est vrai que son diocèse est très en pointe en matière de militantisme pro-LGBT.

Les évêques de San Diego, Californie du Nord et San Joaquin faisaient également campagne contre la Proposition n° 8.

Cinquième paradoxe : avec la Proposition n° 8, la Constitution californienne s’aligne sur celles des 29 États (Arizona et Floride inclus) où seul un couple hétérosexuel peut contracter mariage, alors même que la Californie a souvent été en pointe dans le combat pour les droits civiques.

Bref, on peut rester optimiste à condition d’être patient. Souvenons-nous qu’en 2000, les Californiens s’étaient déjà prononcés en faveur d’une mesure similaire à la Proposition n° 8. Il s’agissait, à l’époque, de la Proposition n° 22 – qui n’a pas réussi à s’inscrire dans la durée. L’histoire va-t-elle se répéter ? Toujours est-il qu’une procédure judiciaire est engagée contre la Proposition n° 8 par le même couple, Robin Tyler et Diane Olson, qui avait autrefois ferraillé contre la Proposition n° 8.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 5 novembre et du 6 novembre 2008, dont MercuryNews, Philly.com, Religious Intelligence, The BG News, The Daily Breeze et Examiner.com)

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Photo du Golden Gate Bridge

Le Golden Gate ne fait plus rêver. © Visitusa.com.

(Blogmensgo, 5 novembre 2008) Sur 153 référendums tenus en marge du scrutin présidentiel du mardi 4 novembre 2008, les quatre référendums intéressant la communauté gay ont tous été perdus.

Trois États américains ont rejeté le mariage homosexuel à l’occasion de référendums d’initiative locale : l’Arizona et la Floride à une large majorité, la Californie d’une courte tête. L’Arkansas a pour sa part adopté un amendement homophobe qui ne dit pas son nom.

En Californie et sur la base de 93,6 % des bureaux de vote, la Proposition n° 8 visant à l’interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel semblait l’emporter de 4,2 %. Cela donnerait un scrutin serré d’environ 52 % contre 48 %. L’histoire ne dit pas ce qu’il adviendra des 18 000 mariages homosexuels contractés en Californie depuis la légalisation du mariage gay le 15 mai 2008 (cf. nos articles du 17 juin et du 16 mai 2008).

En l’an 2000, 61 % des Californiens s’étaient prononcés en faveur d’un mariage strictement limité aux couples hétérosexuels.

En Floride, l’Amendement n° 2 visait à inscrire dans la Constitution de l’État que le mariage doit obligatoirement impliquer un homme et une femme, donc récuser tout mariage homosexuel. Selon des chiffres quasi définitifs, l’Amendement n° 2 l’a emporté avec 62 % des voix contre 38 %. Le texte prohibe par ailleurs toute forme d’union civile ou de pacte civil de solidarité (pacs), que les partenaires soient ou non du même sexe.

Il existait déjà en Floride une loi interdisant le mariage homosexuel. Le référendum va donc plus loin, à double titre : il élargit l’interdiction aux pacs et il interdit désormais toute action en justice, la Constitution ne pouvant être contestée que un référendum dont la tenue nécessite au préalable une pétition réussie.

Le texte soumis à référendum était celui-ci : « Inasmuch as marriage is the legal union of only one man and one woman as husband and wife, no other legal union that is treated as marriage or the substantial equivalent thereof shall be valid or recognized. »

En Arizona, la Proposition n° 102 a obtenu environ 56 % des voix. La légalisation du mariage homosexuel y a donc été retoquée, tout comme en 2006.

En Arkansas, un référendum adopté à une large majorité (57 % selon des chiffres provisoires) interdit aux couples non mariés de devenir tuteurs ou parents adoptants. Ce qui revient ipso facto à interdire l’adoption aux couples gay.

Le 4 novembre 2004, on dénombrait onze référendums visant à interdire le mariage gay, contre « seulement » trois cette année.

Philca / MensGo
(via toute la presse du 5 novembre 2008, dont CBS2, Tufts Daily, CBS 4, CNN, Human Events, Standard.net [article très complet sur la Californie], AlertNet)

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Photo de la reine Sophie d'Espagne

Sophie d'Espagne, reine consorte, fervente adepte du jésuitisme. © Fundacionreinasofia.es.

(Blogmensgo, 31 octobre 2008) Une personne a le droit d’avoir deux opinions radicalement opposées selon qu’elle s’exprime en privé ou en public. C’est du moins ce qu’a fait déclarer la reine Sophie d’Espagne (70 ans le 2 novembre 2008), alors qu’un livre d’entretiens avec la journaliste Pilar Urbano lui prête des opinions plus ou moins homophobes.

Dans ce livre à paraître, intitulé La reina muy de cerca (qu’on peut traduire par Tout près de la reine si l’on aime les calembours), la reine Sophie d’Espagne (ou Sofía de Grèce) dit « comprendre, accepter et respecter qu’il y ait des personnes avec d’autres orientations sexuelles, mais de là à ce qu’elles soient fières d’être gay, qu’elles montent sur des chars pour manifester… » Et la reine de poursuivre ainsi : « Si ces personnes veulent vivre ensemble, s’habiller en mariés et s’épouser, […] qu’elles n’appellent pas cela un mariage, parce que cela ne l’est pas. »

On imagine le tollé, dans un pays où le mariage gay est légal depuis le 3 juillet 2005. La monarque s’est aussitôt fendue d’un rectificatif, affirmant son « profond respect » pour les homosexuels et insistant sur « l’inexactitude des paroles qu’on lui attribue ». Parce que, voyez-vous, manants, les déclarations de la reine « faites dans un cadre privé […] ne correspondent pas avec exactitude aux opinions exprimées ».

La reine Sophie n’a donc pas vraiment dit qu’elle était homophobe, mais elle l’a pensé tellement fort que ça s’est imprimé tout seul…

Philca / MensGo
(via Le Monde du 30 octobre et ActuaLitté du 31 octobre 2008)

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Photo homoparentalité

God save the Drag Queen! © Seb* aka

(Blogmensgo, 28 octobre 2008) Selon un sondage réalisé auprès d’un millier de personnes et publié le 26 octobre 2008 par l’Observer, une forte proportion de Britanniques demeure homophobe malgré la légalisation d’un partenariat civil en 2005.
(sondage | analyse)

Le sondage révèle que 45 % des Britanniques (soit 55 % des hommes et 36 % des femmes) sont hostiles au mariage homosexuel, contre 50 % en 2002. Cela signifie que 55 % des sondés sont favorables au mariage homosexuel. La proportion s’inverse presque dès lors qu’il s’agit pour les couples homosexuels d’adopter un enfant : l’homoparentalité recueille seulement 44 % d’avis favorables, contre 56 % d’avis négatifs. Signe que l’homosexualité pose encore problème à de nombreux Britanniques ils sont 40 % à souhaiter que l’âge légal pour les rapports homosexuels soit plus élevé que celui des rapports hétérosexuels.

Et si les trois quarts de la population britannique (76 %) jugent que les relations homosexuelles n’ont rien d’illégal, un petit quart des sondés (24 %, surtout parmi les hommes et les classes sociales défavorisées ; contre 23 % en 2002) aimerait bien qu’elles soient interdites.

Le sondage précise qu’une personne sur huit (13 %, soit 16 % des femmes et 10 % des hommes, voire 23 % des 16-24 ans) déclare avoir déjà eu des relations sexuelles avec une personne du même sexe et que 6 % des sondés se disent gay ou lesbienne.

Ce sondage, réalisé sur plus de 1 000 Britanniques âgés d’au moins 16 ans, contient d’autres réponses plus ou moins étonnantes. Si vous lisez l’anglais, jetez-y un coup d’œil.

Philca / MensGo
(via Le Figaro et LIBELLÉ du 26 octobre, DNA Magazine du 28 octobre 2008)

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(Blogmensgo, 17 octobre 2008) Après Brad Pitt et Stephen Spielberg (cf. notre article du 26 septembre 2008), la lutte contre l’annulation du mariage gay en Californie revendique deux nouvelles figures de proue. Et non des moindres, puisqu’il s’agit de l’acteur gay américain T.R. Knight et de son compatriote Sergey Brin, cofondateur et PDG de Google.

Photo de T.R. Knight

Le docteur Knight a versé une potion magique de 50 000 dollars contre l'homophobie. © ABC.

Knight et Brin militent contre cette fameuse proposition n° 8, qui sera soumise à référendum en Californie en même temps que le scrutin présidentiel du 4 novembre 2008. La proposition n° 8 vise à modifier la constitution californienne afin que seuls soient autorisés les mariages entre deux personnes de sexe différent.

L’acteur de la série TV Grey’s Anatomy, de son vrai nom Theodore Raymond Knight, a offert 50 000 dollars au compte de campagne contre la proposition n° 8.

« Ce sont les conséquences effrayantes et discriminatoires de cette proposition pour nombre de nos salariés qui incitent Google à se prononcer publiquement contre la Proposition n° 8 », explique Sergey Brin dans un message solennel posté le 29 septembre 2008 sur le blog officiel de Google. Et Brin d’enfoncer le clou : « On ne peut ôter aux gens, quelle que soit leur sexualité, le droit fondamental d’épouser la personne qu’ils aiment. »

La déclaration de Sergey Brin est d’autant plus marquante que Google s’interdit en principe toute prise de position sur des sujets de société.

Plusieurs entreprises américaines militent elles aussi contre la proposition n° 8. C’est notamment le cas du quotidien The New York Times et de la marque d’habillement Levi Strauss.

Philca / MensGo
(via VNUnet.fr du 30 septembre et The Advocate du 9 octobre 2008)


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Photo de Jaime Gama

Jaime Gama, président du Parlement portugais, mesure la petitesse du score. © 2008, Assemblée de la République.

(Blogmensgo, 14 octobre 2008) Le Parlement portugais s’est prononcé, le 10 octobre 2008, contre deux propositions de loi visant à légaliser le mariage homosexuel. Les textes étaient présentés par deux partis ultraminoritaires.

Sur les 230 parlementaires composant l’Assemblée de la République, seuls 11 ont voté pour le texte présenté par le Bloc de gauche et 17 pour celui des Verts ; la proposition écologiste excluait néanmoins tout droit à l’homoparentalité. Le Parti socialiste (au pouvoir) n’a soutenu aucune des deux propositions de loi, bien qu’il rejette toute homophobie, estimant que la population n’est pas encore prête à accepter le mariage gay ou lesbien.

Les élus du Portugal semblent être en contradiction flagrante avec la population, si l’on en croit les résultats d’un sondage de l’université de Coimbra, publiés le jour même. Le mariage homosexuel suscite 42 % d’opinions favorables, contre 53 % d’opinions défavorables.

Deux députés socialistes ont tout de même voté pour l’adoption des deux textes, qui prévoyaient de modifier le code civil pour permettre le mariage entre deux personnes du même sexe.

Philca / MensGo
(via La Presse canadienne, Pink Cross et 7 sur 7 du 10 octobre 2008)


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(Blogmensgo, 13 octobre 2008) Et de trois ! Après la Californie (cf. notre article du 17 juin 2008) et le Massachusetts, le Connecticut est devenu, le 10 octobre 2008, le troisième État américain ayant légalisé le mariage homosexuel.

Photo de Richard Blumenthal

« Ce qui distingue l'homme du primate, c'est le mariage gay. » (Citation apocryphe de Richard Blumenthal) © Ministère de la Justice du Connecticut.

La Cour suprême du Connecticut vient en effet d’établir une nouvelle jurisprudence stipulant que la Constitution de cet État doit accorder les mêmes droits aux couples gay, aux couples lesbiens et aux couples hétérosexuels. Autrement dit, le cantonnement des couples homosexuels aux seules unions civiles est jugé discriminatoire.

Le mariage homosexuel deviendra officiellement anticonstitutionnel à compter du 28 octobre 2008. La gouverneure Jodi Rell, qui avait fait voter une version locale du pacte civil de solidarité (pacs), a déclaré qu’elle se soumettrait, malgré son désaccord, à la décision de la Cour suprême. Richard Blumenthal, ministre de la Justice du Connecticut, a rappelé que la décision de la Cour suprême n’est pas susceptible d’appel. Son ministère va par donc « adapter les lois et règlements à la décision de la Cour suprême ».

Philca / MensGo
(via La Presse canadienne et Canoë du 10 octobre 2008)

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Photo de Brad Pitt

Brad Pitt et Angelina Jolie, couple glamour au service du mariage gay (le 15 mai 2008, à Cannes). © Gareth Cattermole / Getty Images.

(Blogmensgo, 26 septembre 2008) Le cinéaste Steven Spielberg (avec son épouse Kate Capshaw) et l’acteur Brad Pitt ont chacun offert 100 000 dollars contre une tentative d’interdire le mariage homosexuel en Californie.

Le 4 novembre 2008, en même temps que l’élection présidentielle, aura lieu en Californie un référendum visant à inscrire dans la Constitution que seules les unions entre un homme et une femme sont légales. L’amendement soumis à référendum est surnommé « proposition n° 8 ». Des groupes de pression hostiles au mariage gay ont donc réussi à inviter la proposition n° 8 au scrutin du 4 novembre, alors que le mariage homosexuel est légal en Californie depuis le 17 juin dernier (cf. notre article du 17 juin 2008).

« La discrimination n’a pas sa place en Amérique. Je voterai pour l’égalité et contre la proposition n° 8 », a déclaré Brad Pitt, 44 ans, dont la compagne Angelina Jolie a déjà eu des relations lesbiennes. Le couple affirme ne pas vouloir se marier tant que les Américains ne pourront pas épouser aux États-Unis la personne de leur choix, fût-elle du même sexe.

Photo de Steven Spielberg

Steven Spielberg donne un coup de chapeau au mariage gay (le 18 mai 2008, à Cannes). © Pascal Le Segretain / Getty Images.

« En inscrivant la discrimination dans la Constitution de notre État, la proposition n° 8 vise à éliminer le droit de chaque citoyen à se marier, quelle que soit son orientation sexuelle. Une telle discrimination n’a pas sa place dans la Constitution californienne, ni dans aucune autre », ont déclaré Steven Spielberg, 61 ans, et son épouse.

Philca / MensGo
(via Showbizz.net du 18 septembre, Canoë du 19 septembre et AFP du 23 septembre 2008)

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Photo de Roumanie

Roumanie : la preuve par le sondage. © Romaniatravel.com.

(Blogmensgo, 9 septembre 2008) Un sondage réalisé en juillet 2008 par Gallup Roumanie pour le compte du Conseil roumain contre la discrimination (CNCD) montre à quel point les Roumains sont globalement homophobes… malgré les apparences.

Dans ce pays, 95 % des sondés estiment que la foi en Dieu est importante ou très importante, 87 % en font de même pour la tolérance et 74 % pour « le respect de la culture et les traditions des autres peuples ». Résultat, 74 % des sondés n’aimeraient pas avoir des homosexuels parmi leurs amis proches et 57 % ne veulent pas de collègues homosexuels ; les opinions les plus conciliantes à l’égard des gays et des lesbiennes se recrutent surtout parmi la population jeune (moins de 35 ans) et urbaine, tandis que 85 % à 95 % des personnes âgées (plus de 65 ans) apparaissent homophobes. Si le sexe n’est pas un critère de réponse déterminant, le niveau d’études joue un rôle considérable : ceux qui n’ont pas fait d’études secondaires présentent un « niveau d’homophobie » trois fois supérieur à celui des personnes ayant fréquenté l’enseignement supérieur.

Plus grave encore : 29 % des répondants estiment que les homosexuels sont porteurs du VIH, ce qui explique en partie la discrimination à leur égard.

Et encore plus grave. « Considérez-vous que les relations homosexuelles sont une bonne chose ou une mauvaise chose ? » À cette question gentiment traduite par Google, 68 % des personnes interrogées (67 % des femmes et 70 % des hommes) estiment que c’est « une mauvaise chose », contre 1 % qui pense que c’est « une bonne chose ». À noter que ce n’est « ni bon ni mauvais » selon 19 % des sondés, tandis que 12 % d’entre eux ne se prononcent pas. Les quatre cinquièmes des plus de 65 ans affichent une réponse homophobe, contre « seulement » 56 % dans la tranche des 25-34 ans (pour simplifier la tâche des autres blogueurs, on leur signale qu’il s’agit du graphique n° 52 de ce sondage en roumain téléchargeable au format PDF). L’intolérance est beaucoup plus forte en milieu rural (76 %) qu’en milieu urbain (62 %).

Faut-il prendre des sanctions contre les homosexuels ? Oui, affirment 36 % des Roumains interrogés. Non, estiment 42 % des sondés. Et parmi les sanctions, « la privation de certains droits » (55 %) devance largement « les amendes » (42 %) et « la prison » (28 %). Et dans quel cas punir ? Si une personne de même sexe vous faire des avances (89 %), si l’homosexualité est le fait d’un membre de ma famille (84 %), du professeur d’un de mes enfants (75 %) ou de mon médecin de famille (69 %), ou encore lorsque deux hommes se tiennent la main dans la rue (64 %).

Une large majorité de la population pense que l’on ne devrait pas interdire aux homosexuels de fréquenter les transports en commun ou d’apparaître à la télévision. En revanche, 64 % sont hostiles au mariage homosexuel, 68 % souhaitent que les homosexuels ne soient pas en contact avec les enfants et 56 % leur dénient le droit d’organiser des événements publics.

Il faudrait, selon la majorité des répondants, réserver un traitement à part aux personnes infectées par le VIH sur le lieu de travail (54 %), à l’école (43 %) et dans les lieux publics (39 %). Une majorité écrasante se prononce en faveur de leur prise en charge intégrale par l’État (92 %) et d’une obligation de déclarer sa maladie (86 %).

Le sondage atteste un niveau d’intolérance tout aussi affligeant à l’égard des Roms. On n’ose imaginer ce que les Roumains penseraient d’un Rom homosexuel sidéen…

D’où le théorème suivant :
1 Roumain + 1 Roumain = 2 homophobes

Vu les statistiques ci-dessus, on édulcorera ainsi la formule, que l’immodestie nous incite à intituler « théorème de Philca » :
1 Roumain + 1 Roumain + 1 Roumain = 2 homophobes

Des vacances en Roumanie ? Si l’on vous pose la question, vous saurez maintenant quoi répondre.

Philca / MensGo
(via Canoë et 24 Heures du 8 septembre 2008)

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(Blogmensgo, 8 septembre 2008) Un pas en avant, deux pas en arrière. Et inversement. Le gouvernement admet officiellement, depuis le 11 juillet 2008, la validité d’un mariage gay contracté aux Pays-Bas par deux Néerlandais vivant en France, où ils sont fiscalement domiciliés. Mais la reconnaissance de cette union homosexuelle ne vaut que pour des étrangers, que pour le domaine fiscal, et elle ne concerne pas les pactes civils de solidarité (pacs) conclus à l’étranger.

Photo de ministres français

Christine Lagarde (ministre de l'Économie) et Éric Woerth (ministre du Budget). « Ailleurs, le mariage gay est un droit. En France, le paiement de l'impôt est un devoir. » (Citation apocryphe, hein.) © Ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, 27 septembre 2007.

Peter-Jan et Aad s’étaient mariés en 2002 dans leur pays d’origine, les Pays-Bas, avant de s’établir dans le département français du Gers pour y exploiter des chambres d’hôtes. Le ministère français des Finances leur avait toujours refusé le bénéfice du mariage gay à titre fiscal, jusqu’au changement de position officialisé le 11 juillet. En revanche, la France ne reconnaît pas un mariage gay contracté aux Pays-Bas par des ressortissants français, ni le mariage de deux Français de même sexe dans les autres pays, par exemple l’Espagne et la Belgique, où le mariage homosexuel est légal.

Plus gênant encore : alors qu’elle a institué un pacte civil de solidarité pour ses propres citoyens, la France ne reconnaît pas les pacs contractés par des ressortissants étrangers dans leur pays d’origine. Deux poids, deux mesures…

Pour une étude juridique plus complète du dossier, lire l’analyse d’Alain Piriou, porte-parole de l’Inter-LGBT.

Profitons-en pour signaler une information (publiée le 31 juillet par Cyberpress.ca) que la période estivale nous avait fait passer sous silence. Tous les couples homosexuels américains ont maintenant le droit de se marier au Massachusetts, même s’ils résident dans un autre État que le Massachusetts. Voilà qui promet de relancer le tourisme gay du côté de Boston…

Philca / MensGo
(via Le Monde et Libération du 5 août, blog d’Alain Piriou du 7 août 2008)

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(Blogmensgo, 1er septembre 2008) Un tribunal de Dakar (Sénégal) a condamné, le 21 août 2008, deux sexagénaires à deux ans de prison ferme pour « mariage homosexuel et actes contre nature ». Les deux prévenus nient toute relation homosexuelle. Ils affirment que leur mariage gay, contracté en Belgique avant leur retour au Sénégal, était un subterfuge trouvé par le Belge Richard Lambot pour faire obtenir un titre de séjour en Belgique au Sénégalais Moustapha Guèye.

Homosexuels ou pas, les deux hommes payent par leur liberté un tribut à la vague d’homophobie qui sévit au Sénégal depuis février dernier. Ce mois-là, un quotidien populaire avait consacré un dossier à un mariage gay clandestin, incitant la population à se déchaîner contre des boucs émissaires tout désignés. Il s’est ensuivi une chasse à l’homosexuel et d’innombrables violences exercées à l’encontre de la population gay sénégalaise.

Photo d'Abdoulaye Wade

Le président sénégalais Abdoulaye Wade : le sort des homosexuels, il s'en lave les mains. © Service photo de l'Élysée / D. Noizet.

Les conséquences sanitaires ont été particulièrement dramatiques, obligeant de nombreux homosexuels sidéens à interrompre leur traitement médical ou à s’exiler temporairement. Sur ce sujet, lire l’excellent reportage du réseau onusien Irin.

À Dubaï, la justice a condamné, en appel comme en première instance, deux étrangères à une expulsion précédée d’un mois de prison pour s’être embrassées sur une plage publique en avril 2008. La Bulgare de 36 ans et la Libanaise de 30 ans se sont « embrassées, câlinées et adonnées à des actes indécents », selon l’acte d’accusation.

Comme les deux sexagénaires au Sénégal, les deux trentenaires ont plaidé non coupable dans l’émirat. On pourrait affirmer que les deux affaires sont quasi similaires et qu’elles dénotent une homophobie au quotidien qui ne dit pas son nom.

Ces deux affaires sont pourtant beaucoup plus dissemblables qu’elles n’en ont l’air, malgré le double point commun de l’homophobie et de la religion.

Dubaï est un émirat officiellement musulman. Le Sénégal, où près de 95 % de la population est musulmane, demeure un État laïc. Sous couvert de religion, Dubaï proscrit l’homosexualité et l’assimile plus ou moins à la prostitution. Si l’homosexualité est théoriquement passible de sanctions pénales au Sénégal, les poursuites effectives y sont assez rares et les homosexuels, d’une manière générale, ne sont pas inquiétés tant qu’ils restent discrets. La récente condamnation d’un Sénégalais et d’un Belge par la justice sénégalaise visait moins à réprimer l’homosexualité qu’à sanctionner un mariage gay. Et la différence n’est pas que de pure forme.

Quant au vent d’homophobie qui souffle depuis quelques mois au Sénégal jusqu’à y entraîner des quasi-pogroms et une psychose parmi la population homosexuelle, on peut affirmer que ce vent n’est pas soufflé par le président Abdoulaye Wade ni par son gouvernement. Wade préfère adopter une posture de Ponce Pilate – d’où une impunité de fait dont profitent certains excités. Malgré les apparences, cette homophobie n’est pas non plus dictée d’une manière prédominante par des considérations religieuses. L’islam du Sénégal est beaucoup plus tolérant que celui de Dubaï, même si certains extrémistes tentent de le radicaliser.

Hasardons l’hypothèse que l’homophobie à la sénégalaise est sociétale : elle trouve son origine dans la pauvreté et dans ses deux corollaires, le manque d’information et le besoin de trouver des boucs émissaires. Le meilleur moyen d’y mettre un terme, pensons-nous, serait de contribuer à l’enrichissement du Sénégal plutôt que de boycotter cette destination.

Au contraire, l’homophobie est d’essence politico-religieuse dans le richissime émirat de Dubaï, qui souhaite devenir encore plus riche en s’ouvrant au tourisme. Grand bien lui fasse – mais ce sera sans nous.

Philca / MensGo
(Sénégal via Irin du 25 août et Le Figaro du 25 août, Dubaï via TF1 du 31 août 2008)

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(Blogmensgo, 18 août 2008) Les deux principaux candidats à l’élection présidentielle américaine de novembre 2008, John McCain et Barack Obama, ont confronté leurs programmes à l’occasion d’un débat TV en direct, le 16 août 2008.

Photo de Barack Obama

Barack Obama : Oui, mais… ©Barackobama.com

Photo de John McCain

John McCain : Non, non et non ! ©Johnmccain.com

Les deux adversaires étaient interrogés séparément par le pasteur Rick Warren. Leurs échanges indirects ont porté sur de nombreux sujets. On n’évoquera ci-dessous que ce qui concerne directement la communauté homosexuelle.

Le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain sont tous les deux hostiles au mariage gay.
Chez McCain, 71 ans, c’est quasi viscéral : pas question d’autoriser le mariage homosexuel, ni même d’accepter une quelconque union civile entre deux personnes du même sexe.
Si Obama se déclare favorable aux unions civiles des couples homosexuels et se refuse à interdire le mariage gay par un amendement constitutionnel, il n’en considère pas moins que seuls un homme et une femme peuvent se marier ensemble. Autrement dit, Barack Obama est hostile au mariage homosexuel.

[On rappellera que le candidat démocrate est hostile à toute discrimination à caractère sexuel, y compris au sein de l’armée. Malgré son opposition au mariage gay, Barack Obama est favorable à l’homoparentalité.]

Les deux candidats exprimaient ainsi leurs opinions à la fois devant un parterre de spectateurs évangélistes et devant des millions de téléspectateurs. Reste à savoir dans quelle mesure leurs arguments, exprimés dans ce contexte « religieux », feront partie intégrante de leur activité présidentielle.

Aux États-Unis, 96 % de la population se dit croyante et 70 % se déclare plus ou moins pratiquante. Le patrimoine des congrégations religieuses américaines dépasse les 100 milliards de dollars.

Philca / MensGo
(via About.com [sans date], Le Monde, Continental News et Le Figaro du 17 août 2008)

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Rowan Williams(Blogmensgo, 4 juillet 2008) Doit-on accepter l’ordination de femmes et de prêtres homosexuels ? Telle sera la double question au centre de la conférence épiscopale décennale de l’Église anglicane qui se tiendra à Lambeth, en Angleterre, de la mi-juillet au 4 août 2008.

En attendant, la question déchire l’Église anglicane et plusieurs centaines d’ecclésiastiques, originaires notamment d’Afrique et d’Amérique du Sud, menacent de faire sécession si l’on venait à considérer les femmes ou les homosexuels leurs égaux. Trois cents évêques et archevêques ont d’ailleurs franchi le pas, le 29 juin en Israël, en créant une frange anglicane dissidente refusant d’obéir à Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef suprême des anglicans. Ils ont décidé de boycotter la conférence de Lambeth.

Un vent de sécession souffle sur l’Église anglicane depuis que Barbara Harris est devenue, en 1989, la première femme à obtenir un poste d’évêque. Le 2 novembre 2003, l’ordination comme évêque de l’Église épiscopalienne du New Hampshire d’un homosexuel assumé, Gene Robinson, aura transformé le vent en tornade dans les rangs des prélats ultraconservateurs.

Prélats anglicans d'Afrique

Les opposants à l’ordination des femmes et des homosexuels se fondent sur une interprétation littérale de la Bible. Selon eux, de telles ordinations représentent un « déclin spirituel ». Cette frange ultraconservatrice revendique la moitié des 77 millions de fidèles de l’Église anglicane, dont la trésorerie est vide par manque de pratiquants.

Voici par ailleurs quelques articles récents consacrés, d’une manière directe ou indirecte, aux relations entre l’Église et l’homosexualité. En Suisse, l’Église réformée (protestante) du canton de Vaud est divisée quant à l’ordination de pasteurs homosexuels. En Allemagne, la candidature à un poste d’évêque d’un homosexuel notoire, Horst Gorski, est diversement appréciée [1] [2]. Lire aussi les articles de Lionel Degouy dans MediaPart (texte du 14 mai 2008, remanié le 9 juin)

[Crédit photographique : Rowan Williams ; ses détracteurs accusent l’archevêque de Canterbury de laisser entrer le loup homosexuel dans la bergerie ultraconservatrice (photo 1). Nombre de prélats africains refusent l’ordination de prêtres homosexuels (photos 2). Les deux photos © Archevêché de Canterbury.]

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Le Monde du 22 juin, La Croix du 26 juin, Le Parisien du 1er juillet et Le Monde du 2 juillet 2008.)

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résultats du sondage

(Blogmensgo, 30 juin 2008) Dans un sondage mené du 24 au 26 juin 2008 par l’institut Ifop, 51 % des Français (contre 49 %) se disent favorables à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Cette proportion atteint même 61 % chez les 25-34 ans. C’est la première fois que les Français se prononcent favorablement sur ce sujet.

En mai 2004, la proportion d’opinions favorables était de 49 %, après avoir déjà progressé par rapport aux 37 % de juin 1996.

Le même sondage confirme la nette acceptation du mariage homosexuel au sein de la société française. Aujourd’hui, 62 % des Français (voire 77 % des 25-34 ans) y sont favorables, contre 64 % en mai 2004 et 48 % en 1996.

Le JDD donne des détails sur le sondage, dont l’Ifop publie les résultats complets.

[Crédit photographique : Le Journal du dimanche affiche les résultats du sondage, © JDD.]

Philca / MensGo
(via Le Journal du dimanche du 27 juin 2008)

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