Posts Tagged “associations”

Photo de Michel Sidibé

Le Malien Michel Sidibé (photo) est le nouveau directeur exécutif de l'Onusida, où il succède à Peter Piot. © Onusida.

(Blogmensgo, 1er décembre 2008) Vingt ans après, la Journée mondiale de lutte contre le sida livre un bilan mitigé de la lutte contre la pandémie. Si d’incontestables progrès ont été enregistrés, il manque toujours un vaccin préventif, les traitements curatifs demeurent onéreux et lourds, l’accès aux soins n’a rien d’universel, la prévention et la prophylaxie laissent beaucoup à désirer.

La fiche d’informations spéciale 1er décembre 2008 (en PDF) de World Aids Campaign répertorie un certain nombre d’éléments qui posent encore problème. On y apprend ainsi que, dans le tiers monde (pays les moins avancés et pays à revenu intermédiaire), seules 31 % des personnes infectées reçoivent le traitement dont elles ont besoin ; que des discriminations à l’encontre des séropositifs perdurent dans un tiers des pays du globe ; ou encore que la législation de certains pays interdit toute action thérapeutique en faveur de minorités comme les toxicomanes ou les gays.

En France, l’association Aides et l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS) étudient pendant deux ans, depuis la mi-novembre 2008, « la faisabilité d’une stratégie de dépistage non médicalisé par test rapide auprès d’homosexuels masculins ». L’expérience, intitulée ANRS Com’ Test, porte sur un kit individuel de dépistage du VIH. Ce matériel, qui permet de prélever et d’analyser une goutte de sang au bout du doigt, ressemble assez au kit qu’utilisent les diabétiques insulinodépendants.
Dossier de l’ANRS | article du Monde

Toujours en France, la proportion d’homosexuels contaminés lors de rapports sexuels a progressé, parmi les diagnostics nouveaux de séropositivité, de 26 % en 2003 à 38 % en 2007. En valeur absolue, les découvertes de séropositivité parmi les homosexuels se sont stabilisées à environ 2 500 cas en 2007, chiffre à la baisse pour la première fois depuis 2004. Même si les hétérosexuels représentent 60 % des nouveaux cas de séropositivité, la progression du taux d’homosexuels nouvellement diagnostiqués atteste un inquiétant relâchement de la prophylaxie. Pis encore : la prévalence du VIH (taux de contamination) chez les gays est quatre-vingt-dix fois supérieure à celle des hétéros !

En attendant, c’est en Afrique du Sud que l’on recense le plus grand nombre de sidéens. Mais des chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pensent avoir trouvé le moyen d’y réduire de 95 % le nombre de séropositifs. Pour en savoir plus, lire cet article du Monde (26 novembre 2008).

Et pour terminer, voici trois autres liens utiles.

  1. Une page spéciale de l’Unesco pour cette journée, avec de nombreux liens.
  2. Une interview de Luc Montagnier, codécouvreur du VIH et lauréat du prix Nobel de Médecine 2008.
  3. Une interview de Peter Piot, futur ex-directeur exécutif de l’Onusida.

Philca / MensGo
(via toute la presse, dont Le Monde du 25 novembre, World Aids Campaign, Libération et Le Monde du 1er décembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Logo Love & Life

Sans sida, c'est comme ça qu'on préfère la vie – le vit aussi… © DR

(Blogmensgo, 29 novembre 2008) La Journée mondiale de lutte contre le sida commence dès aujourd’hui à Lausanne. Plus précisément ce samedi 29 novembre, à partir de 23 heures et jusqu’à 5 heures du matin, au Mad Club de Lausanne. L’événement s’intitule La nuit stop sida.

Le billet d’entrée (20 francs suisses intégralement reversés aux associations de lutte contre le sida mentionnées ci-dessous ; tout don supplémentaire sera apprécié) inclut la participation à un jeu-concours en plus des animations, drag-queens, danseurs, etc.

Cet événement, estampillé Love & Life @ Mad Lausanne, est coorganisé avec plusieurs autres partenaires : Sid’Action, Point-Fixe, Sid’Actuel, Arc-en-ciel, Vogay (qui exposeront au stand des associations) et Jungle.

Mad Club, rue de Genève 23, Lausanne. Tél. 021-340 69 69.

… et on élit Mister Gay 2009 à Zurich !
Ceux qui disposent d’une voiture arriveront peut-être de Zurich, où se déroule, ce soir aussi, l’élection de Mister Gay 2009 (présentation en allemand | en français). Lequel des neuf finalistes succédera à Sven Müller ? Réponse lors du spectacle de Zurich, ce soir, de 20 h 30 à 23 h.

Philca / MensGo

(via Gay Party du 26 novembre et Mister Gay du 29 novembre 2008)


Comments Pas de commentaire »

Logo Journée mondiale contre le sida

Aucun slogan minable n'entamera notre dé-ter-mi-na-tion ! © Worldaidscampaign.org/fr.

(Blogmensgo, 26 novembre 2008) Le 1er décembre 2008 marquera le vingtième anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le sida, manifestation instituée sous l’impulsion des Nations unies. L’événement le plus triste de l’année, mais aussi celui de tous les espoirs. On ne s’étonnera pas de trouver ici, dans les jours qui viennent, de nombreuses évocations de l’événement et des thématiques relatives à la pandémie.

Logo antisida

Oui, le sida est un ascenseur pour l'échafaud. © Worldaidscampaign.org/fr.

Pour commencer, voici quelques liens utiles, piochés parmi les innombrables ressources en ligne :
Page officielle (ONU) | Prise en compte du sida dans le monde (US) | Célébrations dans le monde (cartouches à cliquer) | Aids Action Europe (US) | Rapport mondial sur le sida (2008)

La campagne de communication institutionnelle est placée cette année sous le signe du leadership, avec un triple mot d’ordre : mener, responsabiliser, s’activer. Conclusion : rien n’est plus contre-productif qu’un slogan bêtement calqué sur – et maladroitement traduit de – l’anglais. On espère que les chercheurs seront plus habiles à trouver un vaccin que les tchatcheurs onusiens à concevoir des slogans efficaces.

Carte mondiale des traitements par antirétroviraux.

C'est simple : en rouge, les pays où moins d'un sidéen sur cinq bénéficie d'antirétroviraux. © Aidsaccountability.org.

Philca / MensGo
(via Journée mondiale)

Comments Pas de commentaire »

Drapeau du Burundi

Burundi, le pays aux 90 % de députés homophobes. © DR.

(Blogmensgo, 24 novembre 2008) Alors que l’homosexualité n’était pas réprimée par la loi, les députés du Burundi ont adopté, le 22 novembre 2008, un nouveau code pénal qui fait de l’homosexualité un délit. Les 620 articles du nouveau code pénal n’entreront toutefois en vigueur que si le Sénat en ratifie le texte (examen cette semaine) et si le président Pierre Nkurunziza en signe le décret de promulgation.

« Quiconque entretient des relations sexuelles avec une personne de même sexe est passible d’une peine de trois mois à deux ans de prison et d’une amende de cinquante à cent mille francs [de 34 à 67 euros] ou d’une de ces deux peines seulement. » Le nouveau code pénal, sous prétexte qu’il abolit la peine de mort, est qualifié de courageux par les 90 députés qui l’ont adopté, face à 10 abstentions et aucun vote contre.

Deux voix burundaises ont publiquement condamné la criminalisation de l’homosexualité par l’Assemblée nationale. La députée Catherine Mabobori a eu ce courage, dans une région où l’homosexualité n’a pas bonne presse. Georges Kanuma et l’Association pour le respect des droits des homosexuels (Ardho), qu’il préside, sont eux aussi atterrés par un nouveau code pénal aux conséquences meurtrières. « Comment allons-nous lutter contre le sida dans notre communauté et dans notre pays avec une telle loi puisque désormais les homosexuels vont se cacher ? » se lamente le responsable de l’Ardho.

Le VIH et le sida constituent un enjeu épidémiologique majeur au Burundi, d’autant plus que la prévention n’a commencé que fort tard, dans ce pays, au sein de la population gay. La prévalence y est d’ailleurs en augmentation depuis quelque temps, comme l’explique cet article passionnant du réseau Irin (à lire de toute urgence, c’est effarant). Même le ministre burundais de la Santé publique reconnaît l’ampleur des moyens nécessaires pour juguler la pandémie. Le Burundi compte environ 220 000 personnes contaminées et seul un cinquième des 50 000 personnes contaminées bénéficie d’antirétroviraux (info citée par @rib New du 28 octobre 2008).

D’après l’opposant burundais Gratien Rukindikiza, qui n’a pas de mots assez durs contre le texte voté par les députés, l’introduction de dispositions pénales à l’encontre des homosexuels est dictée par des motifs religieux.

Et pour terminer sur une note plus légère, voici deux petites observations. Je m’en aperçois seulement aujourd’hui : c’est fou ce que le drapeau burundais ressemble à une… tête de mort. Et puis c’est quand même marrant qu’une loi homophobe puisse être promulguée dans un pays comme le Burundi, dont le code-pays Internet est : .bi !

Philca / MensGo
(via AFP, 22 novembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

(Blogmensgo, 20 novembre 2008) C’est aujourd’hui la 10e Journée internationale en mémoire des victimes transgenres (Transgender Day of Remembrance, ou TDOR), signale un communiqué du Centre LGBT Paris Île-de-France. Une centaine de manifestations sont organisées à cette occasion en France et dans le monde entier.

Logo TDOR

« Je me souviens… » © Transgenderdor.org.

La journée du 20 novembre a été instituée en 1999, après l’assassinat de Rita Hester un an plus tôt, le 28 novembre 1998. Coïncidence tragique, c’est le 10 novembre 2008 qu’a été assassinée Dilek, après qu’elle eut témoigné au procès de ses agresseurs transphobes.

Christine Le Doaré, présidente du centre LGBT Île-de-France, se félicite que « les institutions européennes se saisissent peu à peu » des questions relatives aux discriminations dont sont victimes les transgenres. En revanche, fulmine-t-elle, « tout reste à faire » dans un pays comme la France.

On suggère à Christine de faire inscrire la Journée internationale en mémoire des victimes transgenres sur le très pratique agenda de Journée mondiale, qui pour la date du 20 novembre référence trois événements mais pas « le nôtre ».

Philca / MensGo
(via Gay Kosmopol du 19 novembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

(Blogmensgo, 3 novembre 2008) Une maison nommée House34 ? Pas de doute, il s’agit de cet édifice virtuel construit sur le Net à l’intention des personnes séropositives ou sidéennes. Quels que soient son sexe et sa sexualité, on y trouve réponse à toutes les questions ou préoccupations, en français ou en allemand.

Photo de House34

House34 : par écrit et sans musique, on en prend plein les yeux et ça repose les oreilles. © House34.ch.

Il s’agit plus précisément d’un salon de tchatche, où l’on cause – par écrit – de manière anonyme, à deux ou à plusieurs. L’ouverture d’un « compte de colocataire » est gratuite et, précise le serveur, l’adresse de messagerie demandée ne sert qu’à des fins strictement techniques.

Une fois inscrit, on se retrouve dans une maison virtuelle où de nombreux éléments visuels sont cliquables. En cliquant sur un tableau noir, j’ai par exemple pu lire un message évoquant la tenue, les 6 et 7 novembre 2008, du « 4e Forum sida suisse d’ASS, OFSP et CFPS » à la Folkshaus de Zurich (Suisse). Dommage que l’on ne puisse pas copier certaines informations pour cause d’interface en Flash. Seuls peuvent être copiés les liens HTML. Alors je copie-colle volontiers celui des organisateurs de la manifestation sus-mentionnée : www.aids.ch.

De nombreux éléments cliquables débouchent sur des informations théoriques, pratiques et abondantes (dans l’espace bibliothèque), assorties de liens internes ou externes au site. Là encore, dommage que les infos internes ne puissent être copiées pour lecture à tête reposée ou transmission à des parents ou amis.

Et pour terminer, trois petites astuces. Primo, il semble plus simple de naviguer en cliquant d’abord sur l’étage (premier ou deuxième), puis sur l’intitulé de la pièce, grâce au plan au-dessous des éléments en Flash. Secundo, penser à activer l’historique des messages (en cliquant dessus) quand on est en phase de tchatche. Tertio, bien cliquer sur la bonne langue avant d’entrer dans le site ; sinon, les francophones se font propulser en germanophonie.

Bref, on est en présence d’un site tout récent, dont les quelques imperfections de jeunesse sont très largement compensées par la qualité du graphisme, l’abondance des informations et la disponibilité des répondants. Cette URL peut d’ores et déjà être considérée comme une adresse majeure pour obtenir des infos. Il me semble que par sa conception, son graphisme et son fonctionnement, ce site devrait beaucoup plaire aux adolescents et aux jeunes adultes.

Philca / MensGo
(via 20 minutes du 30 octobre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Affiche Ayor 8

En route vers la musique citrouillante qui fait vroum vroum. © Gay-Party.net.

(Blogmensgo, 30 octobre 2008) Qui veut voir les huit finalistes du concours Mister Gay 2009 dès le 1er novembre 2008, soit presque un mois avant l’élection ? Moi ! moi ! moi ! D’accord, mais pour cela il faudra faire la fête de 23 heures jusqu’à l’aube…

La fête, justement, elle s’intitulera At Your Own Risk (Ayor), ce sera la huitième du nom et elle se déroulera à l’Amnesia Club de Lausanne. Il s’agira là d’une soirée spéciale Halloween, bande de citrouilles !
(programme complet)

Une fois sur place, on pourra s’en mettre plein des yeux (il y aura aussi des gogo-boys) et plein les tympans (styles R’n’B, disco et oriental), grâce à des DJ dont les noms me sont inconnus (euh, moi c’est plutôt la musique classique, hein). Prière d’y aller avec modération pour se remplir l’œsophage – eh oui, on pourra aussi déguster le nouveau cocktail estampillé Pink Cross.

Philca / MensGo
(via Gay-Party du 30 octobre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Affiche Gay Pride Rio 2008

La Gay Pride de Rio, festive mais vigilante. © Naohomofobia.com.br.

(Blogmensgo, 22 octobre 2008) Comment un blog gay pouvait-il passer sous silence la 13e Marche des fiertés LGBT de Rio (ou « 13a Parada do Orgulho LGBT Rio » en version originale), qui s’est tenue le 12 octobre 2008 à Rio de Janeiro ? Hum, on va tenter de réparer l’irréparable…

Le millésime 2008 aura mis au premier plan la lutte contre l’homophobie, comme en témoignent l’affiche de la Gay Pride des Cariocas (ainsi nomme-t-on les habitants de Rio) et le gros camion sur la photo. Coïncidence ? Il s’agirait plutôt d’un mouvement de fond, si l’on en juge par la floraison mondiale des événements, mouvements et initiatives visant à lutter contre l’homophobie. Ainsi a-t-on évoqué ici même, tout récemment, le concours de scénarios contre l’homophobie, organisé en France (cf. notre article du 16 octobre 2008).

Gay Pride de Rio 2008

La fête des camionneurs ? Non, la Gay Pride de Rio ! © Sandra Pereira, Naohomofobia.com.br.

Reste à savoir s’il faut s’en réjouir ou s’en désespérer. Les deux attitudes sont plausibles. D’un côté, il y a lieu de se réjouir que l’homophobie soit enfin reconnue et combattue comme telle. Prise de conscience. Mais combattre l’homophobie, c’est aussi avouer qu’elle existe, qu’elle perdure et que le combat n’est pas gagné d’avance. Aveu d’échec. Faut-il être plutôt pessimiste ou plutôt optimiste ?

Photo Gay Pride de Rio 2008

Viens chez moi, je vais te montrer mes couleurs ! © Sandra Pereira, Naohomofobia.com.br.

Voilà, c’était ma brève cogitation du jour. On pourra fort bien s’en dispenser en regardant les photos. Et pour d’autres photos du même événement, on se dirigera vers la galerie photo de Roberto Tumminelli ou vers celle de Talita Oliveira.

Philca / MensGo
(via Não Homofobia ! du 12 octobre 2008)

Comments Un commentaire »

(Blogmensgo, 21 octobre 2008) Haiti Press Network signale la publication, par l’institut Panos Caraïbes, d’un dossier de presse intitulé Homosexualité masculine et VIH-sida en Haïti. Daté janvier 2008 et téléchargeable en PDF, le dossier stigmatise l’omerta des pouvoirs publics et ses effroyables conséquences sanitaires.

Photo

En Haïti, pas de lutte antisida réussie sans éradication de l'homophobie ! © 2000, Panos / Fritznel Octave.

L’homosexualité ? « La société haïtienne majoritairement homophobe en parle dans les coulisses, résume Panos Caraïbes, mais le débat au niveau national n’est pas encore posé. Nos décideurs, à divers niveaux, semblent n’y accorder aucune attention. Sciemment ou inconsciemment. » Encore faut-il préciser que l’homosexualité a récemment fait l’actualité des médias haïtiens : lorsque Michèle Pierre-Louis s’est présentée au poste de Premier ministre, les sénateurs ont aussitôt brandi comme un épouvantail son homosexualité présumée.

Dans ce pays où « 30 % seulement de ceux qui en ont besoin » reçoivent des antirétroviraux, les homosexuels font figure d’exclus parmi les exclus : « les services pour les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont très limités ou n’existent pas », déplore Panos, qui préconise la prise en compte de cette population dans les programmes de prévention et de soins spécifiques. De plus, « les stigmatisations et les discriminations exercées à l’encontre des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes renforcent leur vulnérabilité et les exposent encore plus au risque d’infection » par le VIH. Et Panos de pointer du doigt, au sujet de la population gay, le terrible mutisme de certaines institutions soi-disant spécialisées dans la lutte contre la pandémie.

Bref, tout reste à faire en Haïti. On s’en convaincra à la lecture du dossier spécial de Panos Caraïbes sur le VIH-sida en Haïti. Un blog gay comme le nôtre ne pouvait pas faire l’impasse sur ce dossier d’une cinquantaine de pages, fût-ce avec plusieurs mois de retard. L’oubli est maintenant réparé.

Philca / MensGo
(via Haiti Press Network du 21 octobre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Photo de Tom Novembre

Tom Novembre : « La seule différence entre l’homosexualité et l’hétérosexualité, c’est l’homophobie » (si ! il aurait pu le dire). © Julien Cauvin.

(Blogmensgo, 16 octobre 2008) « La prise de conscience, à l’adolescence, de son homosexualité ou de sa bisexualité, la difficulté à assumer ses questionnements et le regard des autres ». C’est le thème sur lequel un jury, présidé par le cinéaste André Téchiné, sélectionnera quatre scénarios de courts-métrages qui seront ensuite réalisés puis diffusés sur des chaînes du groupe Canal+. Le concours, intitulé « Le regard des autres » se déroulera du 14 octobre au 2 décembre 2008.

Le concours est coorganisé par le ministère français de la Jeunesse, de la Santé, des Sports et de la Vie associative et par l’Institut français de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Seuls peuvent y participer – et l’on se demande bien pourquoi – les 16-30 ans résidant en France (règlement au format PDF, cf. aussi le le dossier de presse en PDF). Au préalable, cinq associations luttant contre l’homophobie seront chargées de présélectionner 300 synopsis.

De nombreuses personnalités soutiennent l’opération, à commencer par les jurés. Quelques noms : Laurent Weil, Virginie Efira et Ariane Massenet, tous trois animateurs à Canal+, mais aussi la réalisatrice Céline Sciamma (auteure du film Naissance des pieuvres) et les artistes Keziah Jones et Tom Novembre. Sans oublier Alain Piriou et Jean-Luc Romero, dont les noms commencent à être bien connus sur ce blog.

Le concours veut, entre autres objectifs, participer à la prévention contre le suicide des jeunes, pour qui la prise de conscience de leur homosexualité est une source fréquente de mal-être voire de non-vivre. Cet événement est l’occasion de signaler le très chouette slogan mis en exergue sur le site du concours : « La seule différence entre l’homosexualité et l’hétérosexualité, c’est l’homophobie. »

Philca / MensGo
(via Toutlecine.com du 14 octobre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Affiche Existrans 2008

Existrans 2008, pour que Paris soit beau (ou belle). © Existrans.org.

(Blogmensgo, 10 octobre 2008) Dans la famille LGBT, je demande le T. T, comme transsexuel, transgenre ou intersexe. L’association Resistrans (immatriculée le 20 octobre 2007) organise, le 11 octobre 2008, à Paris, la 12emanifestation Existrans.

Plus de 500 trans et sympathisants sont attendus. Le cortège partira du métro Belleville à 14 heures et se dirigera vers Beaubourg (parcours). L’objet de l’association Resistrans résume à lui seul le programme d’Existrans : « Rassembler les personnes concernées par les revendications contre la psychiatrisation des trans, le diagnostic de dysphorie de genre ou toute autre forme de pathologisation des personnes trans et/ou intersexes ». Il s’agira aussi de lutter contre l’immobilisme des pouvoirs publics en général et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en particulier, qui persistent à considérer la transsexualité comme une maladie mentale.
(Comme ce fut le cas à l’encontre de l’homosexualité, dont je parlais hier ici même.)

La principale revendication sera celle du respect de la dignité : oui, les trans sont des êtres humains normaux. Et ils/elles ont droit, comme tous les êtres humains normaux, à une gestion non infantilisante et non humiliante de leur cas par la loi, la sécurité sociale, l’état civil et le personnel médical, soignant ou enseignant.

En France, on est loin du compte : « Les réponses de la France à la question trans sont l’immobilisme, les psys transphobes, le sensationnalisme des médias, le mépris », explique le communiqué officiel de la manifestation (format HTML ou format PDF).

À noter qu’après la manifestation aura lieu une soirée festive au bar Les Souffleurs (à partir de 20 heures).

<Update> : L’AFP et Google ont mis en ligne, le 11 octobre 2008, un compte rendu de la manifestation à laquelle 400 personnes ont participé au lieu des 500 attendues. </update>

Philca / MensGo
(via France-Info du 10 octobre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Affiche du Festival de films gay et lesbiens de Paris

Pendant une semaine, deux salles obscures dans la Ville lumière. © FFGLP.net.

(Blogmensgo, 2 octobre 2008) Le Festival de films gay et lesbiens de Paris (site || page Myspace) aura lieu du 4 au 11 novembre 2008, dans deux cinémas de la capitale française. Le Grand Rex, monumental cinéma des grands boulevards, accueillera une grande partie de la programmation ; Le Latina, cinéma classé « art et essai », bien connu dans le quartier gay-friendly du Marais, se consacrera plus particulièrement à des animations événementielles.

La nouvelle équipe du festival met cette année les courts-métrages en première ligne de cette quatorzième édition. Les autres genres, les avant-premières et les inédits ne seront pas oubliés, comme en témoigne l’abondante programmation.

Le Latina ne parle pas encore de l’événement. Le Grand Rex, à peine plus loquace, précise toutefois que l’entrée se négocie entre 7 euros et… 65 euros !

Philca / MensGo
(via Dialogai du 30 septembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Photo

Quand les 18-25 ans n'ont plus qu'un seul Refuge. © Montpellier notre ville.

(Blogmensgo, 24 septembre 2008) L’association française Le Refuge [son site, son blog, son forum] inaugurera le 30 septembre 2008, à 18 heures, des locaux d’accueil de jour à son siège de Montpellier (coordonnées).

Le Refuge vient en aide aux gays et lesbiennes de 18-25 ans en rupture familiale due à leur homosexualité et, plus généralement, à l’homophobie de leurs proches. Les bénévoles de l’association – qui essaime à Paris et à Bordeaux – leur proposent un accompagnement psychologique, alimentaire et social d’un mois renouvelable. Le Refuge dispose également de cinq places en hébergement temporaire d’urgence (objectif dix places pour 2008).

Les nouveaux locaux d’accueil de jour permettront sans doute au Refuge de renforcer son action de prévention. La difficile prise de conscience de l’homosexualité, la confrontation aux comportements homophobes et la rupture du lien familial sont en effet des catalyseurs de pratiques à risques : prostitution masculine, rapports non protégés, infection au VIH, désocialisation, voire suicide et addictions diverses.

Pour en savoir plus, on peut également lire ce reportage de Libération (14 mai 2008).

Philca / MensGo
(via Marie Claire [non daté] du 23 septembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

Photo de Shivraj Vishwanath Patil

Shivraj Vishwanath Patil, ministre indien de l'Intérieur, refuse de dépénaliser l'homosexualité. © Ministère indien des Affaires intérieures.

(Blogmensgo, 19 septembre 2008) Examinant une plainte de la NAZ Foundation contre la section 377 du code pénal indien qui criminalise l’homosexualité, une haute cour de Delhi a entendu, le 18 septembre 2008, deux dépositions ministérielles radicalement contradictoires. Le ministère de l’Intérieur plaidait pour le maintien de la section 377 et le ministère de la Santé prônait sa suppression. Le tribunal a décidé d’attendre que le gouvernement unifie sa position la semaine prochaine.

Pour mémoire, la NAZ Foundation a entamé en 2002 une procédure visant à supprimer la section 377 et cette procédure judiciaire a été relancée en février 2006.

Les arguments restent plus ou moins les mêmes depuis des années. On observe toutefois une certaine évolution du discours. Ainsi peut-on noter qu’aucun des deux plaidoyers ministériels n’évoque plus l’homosexualité comme un acte contre nature. C’est déjà ça. Mieux encore, l’Intérieur et la Santé parlent de « l’homosexualité entre adultes consentants », donc sans entretenir la confusion entre l’homosexualité d’un côté, la pédophilie et le viol de l’autre côté.

Les arguments du ministère de l’Intérieur s’énoncent comme suit : « La société indienne désapprouve fortement l’homosexualité, et cette réprobation est suffisamment forte pour justifier qu’elle soit considérée comme une infraction pénale même lorsque des adultes consentants s’y adonnent en privé. » Selon le ministère de l’Intérieur, dépénaliser l’homosexualité reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore du « comportement délinquant » et à fournir un « fondement sans limite aux actes homosexuels ».

Le ministère de la Santé, qui s’exprimait via la National AIDS Control Organisation (Naco), estime pour sa part que la légalisation de l’homosexualité permettrait de freiner la propagation du sida, car une « marginalisation des séropositifs aurait pour effet de masquer les comportements à risques ». Concernant ce ministère, lire aussi notre article du 19 août 2008.

IndusGay.com

IndusGay.com met les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes et les Indiens avec le Net. © IndusGay.com

Dépénalisation ou pas, il existe déjà des sites web de rencontres pour gays et lesbiennes de nationalité ou d’origine indienne. Dans un article du 2 septembre dernier, le Times of India a consacré un article à l’un d’entre eux… sans mentionner son nom – peut-être pour des raisons juridiques.
La version en ligne de ce même journal n’a toutefois pas hésité à valider le commentaire d’un internaute mentionnant l’URL d’un site de ce genre. Il s’agit, en l’occurrence, du site IndusGay.com, qui réunit les personnes « d’origine indienne » de même sexe. On présume, là encore, que la formule « d’origine indienne » plutôt que « de nationalité indienne » est une précaution juridique.

Philca / MensGo
(via The Times of India du 2 septembre et du 19 septembre 2008)

Comments Pas de commentaire »

(Blogmensgo, 17 septembre 2008) Le fichier de police Edvige (cf. notre article du 10 juillet 2008) ne mentionnera pas l’orientation sexuelle ni l’état de santé des personnes fichées. C’est ce qu’a indiqué la ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, en déclarant qu’elle modifierait en conséquence le décret relatif à Edvige.

Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy

Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy remplissent une fiche. © Service photo Élysée / M. Klein.

Le gouvernement français affirme vouloir édulcorer divers autres éléments, en particulier la durée de fichage des mineurs de 13 ans.

En revanche, le gouvernement français ne pipe mot concernant les manières détournées de ficher les pratiques sexuelles et l’état de santé des gens. Manières détournées ? Si tu es membre d’une association de gays ou de sidéens, il y au moins neuf chances sur dix pour que tu sois toi-même gay ou sidéen. Bref, le fichage des données sanitaires et sexuelles demeure, mais il se fait plus discret. CQFD.

À ce jour, plus de 180 000 personnes ont déjà signé la pétition pour l’abandon du fichier Edvige. Pétition qui, on l’a vu ci-dessus, conserve toute sa pertinence.

Philca / MensGo
(via La Voix du Nord du 9 septembre, Le Monde et Libération du 17 septembre 2008)

Comments Pas de commentaire »