Archives pour août 2008

Photo de Nguyen Van Dung

Nguyen Van Dung : ma vie, ma bataille. © Tin247.com.

(Blogmensgo, 29 août 2008) Nguyen Van Dung, 41 ans, n’est pas un militant LGBT vietnamien comme les autres. Pour faire avancer les idées qu’il défend, il n’a pas hésité à raconter sa vie et ses galères d’homosexuel dans une biographie dont la notoriété est inversement proportionnelle au tirage minuscule.

Bong, on l’appelle bong. Ce mot désigne les homosexuels en argot vietnamien. C’est aussi le titre d’un livre-témoignage de 350 pages que notre héros militant a fait rédiger par deux journalistes, Hoang Nguyen et Doan Trang, qui l’ont interviewé pendant des centaines d’heures. Le livre ne laisse dans l’ombre presque aucuns détails, fussent-ils d’ordre sexuel. Mais il s’agit surtout d’un livre de société, que le personnage central a publié afin de faire bouger les choses dans son pays.

Au Vietnam, l’homosexualité est un sujet quasi tabou et rares sont les Vietnamiens qui osent révéler leur homosexualité. Même au sein de leur famille. Nguyen Van Dung passait d’ailleurs, jusqu’à récemment, pour un bourreau des cœurs… féminins ! La pression sociale et la norme confucéenne sont telles que si c’était à refaire, Nguyen Van Dung préférerait être hétérosexuel – donc considéré, au Vietnam, comme un homme à part entière.

Première de couverture du livre Bong

Tirage à 2 000 exemplaires, notoriété mondiale. © Baodatviet.vn.

Nguyen Van Dung a créé, en 2007, une association LGBT à Hanoï, où il réside. L’association Thong Xanh (Pin vert) aide les gays et les lesbiennes à trouver leur place – et, le cas échéant, à obtenir des soins médicaux – au sein de la société vietnamienne.

L’expérience de Nguyen Van Dung pourrait faire tache d’huile, puisque l’on annonce déjà la parution d’un autre livre ayant pour thème principal l’homosexualité. Il émanera cette fois-ci de Pham Thanh Trung, qui fut violé lorsqu’il était adolescent.

Philca / MensGo
(via BusinessWorld Weekender des 15 et 16 août, L’Orient le Jour et E-llico du 19 août, Agence vietnamienne de presse du 23 août et Vietnamnet Bridge du 24 août 2008)

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Photo de Wu You-jian

Wu You-jian milite ouvertement pour la cause LGBT en Chine. © Wu You-jian

(Blogmensgo, 28 août 2008) Elle a fait la une du magazine cantonais Nanfang Renwu en janvier 2008, la chaîne Phoenix TV de Hongkong l’a invitée à son talk-show en vogue et elle tient un blog incroyablement populaire (attention, chargement très lent). Actrice ? Chanteuse ? Athlète ? Non, il s’agit tout simplement de Wu You-jian. Titres de gloire : mère d’un homosexuel et fondatrice de la section chinoise de l’association américaine Parents, Families and Friends of Lesbians and Gays (Pflag).

Devenue pasionaria de la cause homosexuelle en Chine par amour pour son fils, Wu You-jian fait figure d’exception dans un pays où l’homosexualité, si elle est légale, n’en demeure pas moins considérée comme un sujet honteux et tabou. Résultat, les gays et lesbiennes chinois ont tendance à taire leur homosexualité. C’est ce qui explique le remarquable succès des mariages « hétérosexuels » arrangés entre gays et lesbiennes.

Que Wu You-jian ait fait la une de Nanfang Renwu en brandissant une pancarte « Mon fils est homosexuel », cela atteste que tout espoir d’assouplissement n’est pas perdu. Preuve en est le succès de la discothèque pékinoise gay Destination, qui ne désemplit pas. Internet est devenu la « nouvelle frontière » de la gay attitude à la chinoise. Le très populaire site Gaychinese.net (plusieurs de ses entités ont fusionné sous l’étiquette Aibai.cn) ne saurait le contester, dont la déclinaison associative Information Clearinghouse for Chinese Gays and Lesbians (ICCGL) sollicite désormais, d’une manière très officielle, des dons et subventions afin de poursuivre son action militante.

Des Gay Prides et des festivals LGBT ? En Chine, il faudra patienter encore un peu…

Philca / MensGo
(via Le Monde du 22 août et du 25 août, Ici la Chine du 25 août 2008)

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Photo de Stephan Weiler

Stephan Weiler : Mister Suisse 2008 milite ouvertement en faveur de la communauté homosexuelle. © Misterschweiz.ch.

(Blogmensgo, 27 août 2008) Il est hétéro et se transforme en militant de la cause homosexuelle. Stephan Weiler, alias Mister Suisse 2008, s’apprête à honorer de sa présence un double événement gay.

Stephan Weiler dément toute rumeur d’homosexualité, selon ses propos publiés par Le Matin et repris dans 20 Minutes. Ce qui ne l’empêchera pas de présider au lancement du Pink Cross Drink. L’inauguration officielle se déroulera, le 6 septembre 2008, à l’occasion d’une Queer Party, au night-club zurichois Vertigo (qui recherche du personnel germanophone pour la rentrée de septembre). Le nouveau cocktail – rose, évidemment – espère séduire les bars et restaurants suisses, quelle que soit l’orientation sexuelle de leur clientèle.

Stephan Weiler présidera également, lors de cette même soirée, la présentation de l’ensemble des prétendants au titre de Mister Gay Suisse 2009. Mister Suisse 2008 sera accompagné pour l’occasion de Mister Gay 2008, Sven Müller.

On rappellera que Stephan Weiler a participé à la récente Gay Pride de Bienne (cf. notre article du 18 juin 2008).

Philca / MensGo
(via Pink Cross du 19 août et 20 Minutes du 26 août 2008)

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Photo de Cover Moore

La députée-maire de Sydney, Cover Moore, coupable d'angélisme ? © Clovermoore.com.

(Blogmensgo, 26 août 2008) L’idée part d’un bon sentiment : exprimer sa solidarité avec la communauté LGBT en placardant des visuels (affichettes ou autocollants) qui dénoncent l’homophobie dans les quartiers de de la ville de Sydney fréquentés par les homosexuels.

Cette idée généreuse, reprise à son compte par le conseil municipal de la métropole australienne (origine de la proposition), est soutenue par la députée-maire Clover Moore, dont le site web officiel consacre une rubrique aux thématiques LGBT. Le projet a d’ailleurs été conçu en partenariat avec des associations LGBT locales.

Afficher des messages anti-homophobie à Oxford Street et dans des lieux (bars, boîtes de nuit, commerces) ou quartiers à forte fréquentation gay ? On risque d’obtenir l’effet inverse, estime une partie du conseil municipal : les homophobes avinés pourraient bien prendre ces appels à la tolérance pour de la provocation…

Philca / MensGo
(via Libération, Le Figaro et Cyperpresse du 25 août 2008)

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(Blogmensgo, 25 août 2008) Le piercing buccal n’est pas un acte anodin ! s’alarme la Fédération française d’orthodontie. Les complications, souvent bénignes et parfois gravissimes, peuvent se manifester pendant la séance de perçage, à moyen terme ou à long terme. À tel point que l’Académie française de médecine n’hésitait pas à parler, dans un communiqué du 11 décembre 2007 (format DOC) publié le 2 avril 2008 (format HTML), d’une véritable « mise en danger de l’individu ».

Photo de piercing buccal

Le piercing buccal nécessite une opération à part entière, aussi bénigne soit-elle. ©Rodrigo Galindez.

On trouvera ci-dessous un bref rappel des principales complications potentielles liées au piercing buccal. Pour un tour d’horizon plus complet sur le piercing buccal et péribuccal, on consultera avec profit une synthèse en français, un peu datée mais excellente, mise en ligne par le Journal of Contemporary Dental Practice.

Complications immédiates
Elles ne durent pas plus de quelques jours. Ce sont, en général, des chocs opératoires ou postopératoires sans gravité : petites hémorragies, légères inflammations et douleurs pendant la mastication et la déglutition.

Plus grave : des allergies dues au frottement et des déchirures lorsque le « bijou » se détache par accident ont déjà été constatées.

Complications à moyen terme
Il s’agit là des infections bactériennes ou virales. Proscrire toute officine douteuse, tant les conséquences (hépatite virale, VIH, tétanos, etc.) peuvent être dramatiques si le praticien utilise du matériel mal stérilisé et s’il ne respecte pas les règles minimales d’hygiène liées à une telle opération – car le piercing est bel et bien une opération, aussi anodine soit-elle !

Une opération de piercing est susceptible d’introduire des germes de toute nature dans le sang. Les infections streptococciques, par exemple, peuvent occasionner des endocardites gravissimes.

Photo de Michal Kwiatkowski

Michal Kwiatkowski a la langue bien fendue. © Franck_Laguilliez.

Complications à long terme
Le piercing buccal est susceptible d’user les dents par frottement, voire de les casser. Il entraîne parfois une récession gingivale, surtout en cas de prédisposition anatomique, ainsi que des troubles de la mastication et des dysfonctionnements du sommeil. La lésion accidentelle d’un nerf peut engendrer une perte durable du goût et de la motricité linguale. Il n’est pas rare que le patient ayant subi un piercing buccal peine à déglutir ou que son élocution soit altérée lorsqu’il porte son bijou. On parle alors de dyspraxie linguale, dont l’un des effets secondaires est la fameuse « voix pâteuse » en toute circonstance et même « à jeun ». Et c’est ainsi que l’on vit apparaître, en 2003, un candidat à la Star Ac’ prénommé Michal, qui réussit à se faire un nom (Michal Kwiatkowski) malgré ce handicap bien gênant pour un chanteur…

Philca / MensGo
(via Destination santé du 21 août 2008)

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Photo d'une infirmière

En Californie, le commerce passe avant la religion. Tant mieux pour les patients homosexuels ! © OMS / P. Virot.

(Blogmensgo, 22 août 2008) « La Constitution autorise-t-elle un médecin à refuser, pour motifs religieux, de pratiquer des actes médicaux sur un patient en raison de l’orientation sexuelle du patient ? » Non, a répondu la Cour suprême californienne, à l’unanimité des juges, dans un arrêt du 18 août 2008 : on ne peut pas refuser de soigner des patients homosexuels sous couvert de prétextes religieux.

« Certaines obligations de non-discrimination » s’imposent à tous les établissements commerciaux, y compris aux établissements de soins, précisent les sages de Californie (attendus en anglais au format DOC et au format PDF). En plaçant ainsi le commerce au-dessus de la religion, la Cour suprême a donné raison à une lesbienne de 36 ans, Guadalupe Benitez, qui s’était vu refuser une insémination artificielle en 1999 par le North Coast Women’s Care Medical Group, clinique chrétienne intégriste que lui imposait sa mutuelle d’assurance.

Les deux médecins de cet établissement avaient délivré un traitement pour la fertilité à leur patiente, mais ils lui avaient refusé une insémination artificielle en avançant des prétextes religieux. La patiente avait alors porté l’affaire en justice, gagné en première instance et perdu en appel.

Philca / MensGo
(via La Presse canadienne et Yahoo.fr du 18 août 2008)

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Logo de Dialogai

Si vous êtes homophile, dites 33. Si vous êtes homophobe, dites 22. ©2008 Dialogai.

(Blogmensgo, 22 août 2008) Les médecins ou thérapeutes de Suisse et ceux des zones françaises limitrophes ayant un profil gay-friendly et lesbian-friendly sont invités à se faire connaître ! Il ne s’agit pas là d’un canular, mais d’une information très sérieuse.

L’association homosexuelle suisse Dialogai procède en effet à la réactualisation de son annuaire des praticiens respectueux de l’orientation sexuelle de leurs patients. On trouvera les coordonnées de Dialogai ici et .

Philca / MensGo
(via Dialogai, 20 août 2008)

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Photo

Demain, je me fais opérer-rembourser le devant ! © Kathi Kremser (CSD 2007 à Berlin).

(Blogmensgo, 21 août 2008) Le ministre brésilien de la santé, José Temporao, a signé un décret stipulant une prise en charge à 100 % par le système public de santé des opérations de changement de sexe réalisées dans les hôpitaux publics.

Le décret du 19 août 2008 fait suite à une décision de justice imposant le financement de telles opérations par la Sécu. Au Brésil ces opérations étaient légales depuis 1997, mais seulement dans le cadre du système de santé privé. Quelque 250 opérations de ce genre y ont été réalisées, entre 2000 et 2007, sur prescription médicale confirmée par un suivi médicopsychique.

Plusieurs pays, par exemple la France, la Belgique et la Suisse, financent à 100 % la prise en charge chirurgicale et psychiatrique de telles opérations. D’autres pays, à l’image de la Thaïlande, se sont spécialisés dans les opérations de changement de sexe à bas coûts.

Philca / MensGo
(via Yahoo.fr, Romandie News et 20 Minutes.ch du 19 août, Espace généraliste du 21 août 2008)

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Extrait d'un film

Extrait de The Champagne Spy (Meragel Ha-Shampaniya), documentaire écrit et réalisé par Nadav Schirman (2007). © DR

(Blogmensgo, 20 août 2008) Le directeur général du MI5, Jonathan Evans, a décidé d’ouvrir des postes au sein des services secrets britanniques aux candidats homosexuels. Cette décision est certes dictée par l’actuelle pénurie d’espions, mais elle témoigne aussi d’une évolution des mentalités au sein de la société britannique.

Pour ce faire, le MI5 a confié deux missions à Stonewall, organisation militant pour les droits des personnes homosexuelles et bisexuelles. La première tâche de Stonewall consiste à recruter un plus grand nombre d’homosexuels pour le compte de la sécurité intérieure (MI5). Stonewall aura pour seconde mission de décomplexer les actuels espions gay du MI5 en facilitant leur intégration et en les incitant à ne plus cacher leur orientation sexuelle.

Il y a seulement dix ans, les homosexuels britanniques étaient systématiquement écartés des postes sensibles dans les domaines de l’espionnage et de la diplomatie, le prétexte officiel étant de ne pas froisser leurs pays de résidence.

Le MI5 se met au diapason de la société britannique et s’intéresse désormais aux « profils atypiques », ainsi que les banques d’affaires le font déjà depuis quelques années.

Philca / MensGo
(via Financial Times et TF1 du 18 août 2008)

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Photo d'Anbumani Ramadoss

Au nom de la santé, Anbumani Ramadoss veut dépénaliser l'homosexualité en Inde. ©http://mohfw.nic.in

(Blogmensgo, 19 août 2008) Anbumani Ramadoss (photo), ministre fédéral de la Santé, s’est dit très favorable à une dépénalisation de l’homosexualité en Inde. Le ministre s’exprimait ainsi, le 7 août 2008, lors de la conférence internationale sur le sida, à Mexico. S’il n’est pas encore très consensuel dans son pays, le discours du ministre atteste que les mentalités indiennes commencent à changer.

Anbumani Ramadoss veut notamment faire abroger la section n° 377 du code pénal, qui proscrit les relations sexuelles entre hommes. Or, la National AIDS Control Organisation (Naco) estime que parmi les 2,5 millions d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, on dénombre 15 % de sidéens et 100 000 personnes présentant un risque élevé de contamination par le VIH.

Autrement dit, la dépénalisation de l’homosexualité aurait un effet prophylactique non négligeable, selon le ministre.

Ce revirement ministériel intervient alors que les défilés homosexuels connaissent une affluence croissante, à l’image des 1 500 personnes dans les rues de Bombay (Mumbai) le 16 août et du succès de la « Queer Pride » de Delhi, Calcutta (Kolkata) et Bangalore, fin juin 2008.

Pendant ce temps, la presse indienne n’hésite plus à se faire l’écho des revendications de la communauté LGBT, comme l’atteste cette revue de presse spécialisée. Une Nigah QueerFest, avec festival de cinéma, conférences et grande fête nocturne, était même annoncée à Delhi pour la période du 8 au 17 août 2008. Soit autant d’éléments susceptibles d’augmenter la visibilité de la communauté en Inde.

Philca / MensGo
(via The Times of India du 9 août 2008)

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